L’Onep exporte son expertise en Mauritanie
· A travers un projet de renforcement de ses capacités
· 110 millions de DH à mobiliser
La Mauritanie vient de réaliser un grand pas en matière de sécurisation de l’eau potable au profit de sa population. Le 13 octobre dernier, il a été procédé à la mise en service de l’important projet Aftout Essaahli qui va permettre d’alimenter l’agglomération de la capitale Nouakchott en eau potable à partir du fleuve Sénégal. Le coût du projet s’élève à 450 millions de dollars. Sa réalisation est le fruit d’un travail de coopération avec des organismes étrangers parmi eux figure l’Office national de l’eau potable (ONEP) considéré comme un partenaire privilégié.
Comment gérer d’une manière efficace ce projet de grande envergure va constituer certainement un grand défi pour les responsables de la Société nationale de l’eau (SNDE) en Mauritanie. Ce qui va permettre de le pérenniser et généraliser l’accès de l’eau potable aux populations des autres régions du pays. Pour ce faire, l’Onep et la SNDE, avec l’appui d’autres opérateurs, ont lancé, à Rabat, en mars 2008, un projet de partenariat pour le renforcement des capacités et la modernisation de l’opérateur mauritanien. «Cette initiative constitue un projet pilote comme modèle de partenariat Nord-Sud-Sud et aide au développement dans le secteur de l’eau», indique Ali Fassi Fihri, DG de l’Onep.
Ainsi, la réalisation de ce projet a été le fruit d’un travail d’un groupe d’une dizaine d’experts de l’Onep, SCP, ONEA, et internationaux piloté par l’Institut de l’eau et de l’assainissement de l’Office marocain. Le contenu de ce rapport a été présenté aux organisations et bailleurs de fonds internationaux lors d’une conférence tenue dernièrement à Rabat.
Cette étude a été marquée par un diagnostic des fonctions de la SNDE et de son environnement. Ce qui a permis de mettre en valeur les points forts de cet organisme ainsi qu’un ensemble de difficultés aussi bien internes qu’externes. Ce travail de diagnostic a été d’une grande utilité pour l’élaboration d’un plan d’action intégré pluriannuel pour la période 2011-2013. Il est constitué de 4 composantes. Parmi elles figure un programme dédié au renforcement des capacités à travers la formation et le coaching. Cela pour permettre de renforcer les capacités en vue d’une prise en charge des attributions par les ressources humaines, et aussi le développement des outils managériaux correspondants.
Les actions d’expertise dans les métiers de la SNDE (management et technique) ainsi que l’assistance à la réalisation des études spécifiques figurent également au menu. «La préparation de nos ressources humaines figure parmi les préoccupations de notre entreprise», précise Yall Zakaria, DG de la SNDE. Pour ce faire, le rapport propose la création à Nouakchott d’un centre de formation dont la première mission est la préparation du personnel d’exécution.
Notons, par ailleurs, que le séminaire de Rabat a été une opportunité pour les promoteurs du projet pour faire du marketing auprès des bailleurs de fonds internationaux présents pour mobiliser le budget nécessaire à sa réalisation estimé à près de 10 millions d’euros.
D’autres chantiers
Outre le volet ressources humaines, le rapport propose un aménagement organisationnel de la SNDE. L’objectif est de pallier aux dysfonctionnements structurels identifiés dans la partie diagnostic. Au menu également, un programme pour les études spécifiques nécessaires à l’accompagnement du processus de modernisation de la SNDE. Sans oublier, enfin, le développement d’un environnement institutionnel favorable et un appui politique volontaire à la SNDE.
Noureddine EL AISSI
www.leconomiste.com
Le Port de Nouakchott va-t- il profiter de la crise ivoirienne ?
Comme on devrait s’y attendre, effet collatéral de la crise ivoirienne dont on ne voit toujours pas l’issue, le commerce extérieur des pays enclavés qui utilisait le port d’Abidjan pour leurs échanges.
Premier bénéficiaire, le Sénégal qui assure désormais l’essentiel des 1500 milliards de f CFA d’exportations du Mali. Mais la question que l’on se pose est pourquoi les mauritaniens n’arrivent pas eux aussi malgré la présence des entrepôts du Mali au port de Nouakchott à profiter de cette situation pour booster le transit du commerce malien.
Evidemment il y a des écueils administratifs dont on peut citer les contrôles intempestifs et injustifiés, les tracasseries et autres perceptions illicites, et surtout l’absence d’un cadre juridique bilatéral réglementant les échanges depuis la sortie de la Mauritanie de la CEDEAO.
C’est dire que la mise en place d’une commission mixte entre les deux pays pour aider à lever les obstacles qui se dressent devant ces échanges, est une urgence qui pourrait bénéficier aux deux pays.
Avant la crise ivoirienne, plus de 90% des opérations d’import-export maliennes transitaient par le Port d’Abidjan. Depuis, les choses ont considérablement changé déclare Fousseyni Traoré le Secrétaire général de l’assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM).
C’est donc vers le Sénégal voisin que le Mali, pays enclavé, s’est retourné. Le Mali reste d’ailleurs le premier client du Sénégal dans la sous-région ouest africaine même si sa part dans les exportations vers l’UEMOA s’est repliée à 48% en 2009 contre 53,7% en 2008.
En valeur, cela correspond à 172 milliards CFA en 2009 contre 220 milliards CFA en 2008. De même 95% des échanges commerciaux inter-états dans la sous-région UEMOA se font par voie terrestre. Les échanges transfrontaliers entre le Sénégal et le Mali sont soumis à la réglementation communautaire de l’UEMOA qui garantit l’espace de libre échange, entre les Etats membres, par le désarmement douanier, depuis 2000.
Malgré toute l’armature juridique et institutionnelle qui entoure le commerce entre les deux pays, le corridor Dakar-Bamako demeure le théâtre de nombreuses tracasseries vécues au quotidien par les opérateurs économiques et les transporteurs maliens qui ne s’en cachent plus. Selon un transporteur malien, il y aurait une moyenne de 43 contrôles inopinés par voyage est déplorée par les transporteurs des deux côtés.
Pourtant les textes de l’UEMOA stipulent clairement que : Les contrôles doivent se limiter au départ du chargement, à la frontière et à l’arrivée. Alors pourquoi le corridor routier Dakar-Bamako (long de quelques 1400 kilomètres) est il privilégié au corridor Nouakchott-Bamako long de 1450 kilomètres ?
Il appartient évidemment aux mauritaniens d’être imaginatifs. Il faut que le port, la douane, la gendarmerie et le ministère des transports mettent en place des conditions attractives permettant aux deux pays de tirer avantage de l’utilisation du corridor Bamako Nouakchott.
Il est vrai que la capacité actuelle du port de Nouakchott ainsi que les prix qu’il pratique ne sont pas fait pour attirer les transitaires et les consignataires. Mais avec l’extension envisagée, les autorités devraient réfléchir à le rendre plus concurrentiel afin de drainer une part des échanges de nos voisins de l’Est.
Espérons que le tout nouveau ministre de l’Equipement des transports saura travailler avec son collègue du Commerce pour faire profiter le pays de cette situation tout comme il devrait prendre les mesures nécessaires pour réhabiliter le tronçon Aioun- Kobenni ainsi que certaines portions de la route de l’espoir afin de les rendre praticables en toutes saisons.
B.C /Source: Le Quotidien de Nouakchott via www.cridem.org
Nouveau Câble Sous Marin ACE, bientôt une réalité mais quel avantage
Différents projet d'envergure vont doter la Mauritanie d'une couverture haut débit de l'Internet sur l'ensemble du territoire. Parmi les projets les plus ambitieux qui verront le jour, Le géant projet d'Alcatel-Lucent, en collaboration avec un consortium composé dirigé par France Télécom, qui va mettre en place un câble sous-marin au long de 17 000 km . Ce câble baptisé ACE (Africa Coast to Europe) devrait accélérer les débits de notre pays, les travaux ont commencé en mai 2010 et le projet sera opérationnel le premier semestre 2012, pour un coût estimé à 500 millions de dollars.
Un projet concurrent prévoit d'améliorer les débits du réseau entre l'Europe, le Maroc et la Mauritanie ; comme le câble Agadir –Dakhla et Nouakchott Nouadhibou (actuellement en arrêt de travaux).
Le Haut Débit via satellite
Le consortium constitué par Google, le câblo-opérateur Liberty Global et la banque HSBC a passé commande pour 16 satellites de télécommunication en orbite basse auprès de Thales (HO) Alenia Space, le numéro un européen du secteur.
Le projet baptisé O3b Networks, vise la connexion à internet des "autres trois milliards de personnes" (other 3B), d'où son nom. Il représente un investissement de 750 millions de dollars.
Le contrat comprend aussi une option sur plusieurs satellites supplémentaires, avec une livraison et une mise en service des satellites prévues pour la fin 2010. O3b prévoit de couvrir l'Asie, l'Afrique, l'Amérique latine et le Moyen-Orient, en offrant une connexion aux performances comparables à celles de la fibre optique (notre pays est –il concerné ?).
Les bénéfices du Haut débit
Cette nouvelle offre facilitera l'accès à l'infrastructure internet, encore limité dans notre marché émergent. C'est seulement lorsque notre marché aura un accès abordable et généralisé au reste du monde qu'apparaitront de façon significative des contenus créés localement, des systèmes d'éducation par internet, de télémédecine, des centres de contacts internationaux et d'autres projets porteurs de croissance économique et de développement social.
Ces différents projets devraient permettre de réduire le coût de la bande passante pour les opérateurs télécoms et les fournisseurs d'accès internet, ce qui se traduirait par des appels et des services en haut débit meilleur marché.
Le pays pourra bénéficier des communications et des services Internet améliorés indispensables au développement socio-économique notamment dans l'achèvement des Objectifs du millénaire (OMD).
Yacoub ABEIDI
Consultant en Télécommunication
+222 4 53 53 53
Mauritanie: Quand les patrons s'aventurent dans les mines
Portés par l'essor de l'activité minière - une première conférence sur le sujet s'est tenue à Nouakchott du 9 au 11 novembre -, les grands groupes locaux se lancent dans l'exploration. Et servent de porte d'entrée aux miniers étrangers.
Avant de créer une joint-venture (JV) avec TransAfrika, la junior du Sud-Africain Loucas Pouroulis, Agrineq était avant tout une société mauritanienne de distribution d'eau et d'électricité.
C'est une filiale du puissant groupe MAOA de Mohamed Abdallahi Ould Abdallahi, proche de l'ancien président Ould Taya, et également actionnaire de MKT (pêche), Air Mauritanie, etc. SOMASO, la JV dans laquelle TransAfrika est majoritaire à hauteur de 70% (30% Agrineq), contrôle quatre permis dans l'or, le fer (projet Kaouat) et l'uranium.
Elle a également établi une JV, SOMASO 1 (dont elle détient 95%), avec un local, BMEX SA (5%), pour deux permis aurifères supplémentaires, adjacents aux titres Bou Zrabie de SOMASO dans le sud.
Adossée au groupe tentaculaire ASML, fondé par le patriarche Ahmed Saleck Mohamed Lemine originaire de Laayoune et neutre politiquement, Mauritanienne de construction et d'équipements SA (MCE SA) s'est aussi positionnée dans les mines. MCE, qui œuvre déjà dans la logistique et les forages, a établi en octobre 2009 une joint-venture à parts égales, nommée Tayssir Resources SAS, avec Mineral Deposits Ltd (MDL).
Cette entreprise australienne développe, au Sénégal voisin, la mine d'or de Sabodala (lire p.2). En Mauritanie, Tayssir contrôle deux permis d'exploration aurifère, Aimou et Dune De Louted, respectivement au nord et au sud de la mine d'or de Tasiast de Red Back Mining (société rachetée par Kinross le mois dernier).
La JV est également titulaire d'un permis pour les sables minéraux à Lemcid sur la côte, et dans le fer, à Guel Lehdej, au sud de Zouerate, la "capitale" mauritanienne du fer où opère la SNIM (lire p.3). Autre holding local de premier plan, le groupe Azizi (Société d'exploitation de granite et de marbre, UPS, etc.) d'Ahmed Baba Ould Azizi s'est, lui, allié avec la junior française OSEAD SAS (Truffle Capital) pour établir OSEAD Mauritanie. Objectif : mener des travaux de recherche dans l'uranium sur huit blocs.
Ahmed Baba Ould Azizi appartient à la même tribu que le président Mohamed Ould Abdel Aziz et préside la Fédération nationale du patronat mauritanien. Son groupe explore aussi du minerai de fer via sa filiale MACOBA.
www.cridem.org via Africa Intelligence
La Mauritanie : Faut-il réguler le trafic international des opérateurs de téléphonie mobiles ?
Enjeux et Menaces
Les télécommunications constituent en Mauritanie un secteur dynamique qui contribue de manière significative à l’amélioration de la productivité de l’économie, à la simplification de la communication des citoyens et à la création de richesses nationales. Pendant dix ans, le secteur a connu une croissance avec un taux annuel moyen (2009) de 15%. En 2009, malgré la crise financière internationale, le taux de croissance y était de +6% et il a contribué directement à la formation du Produit Intérieur Brut (PIB) évalué à montants importants d’ouguiyas.
La téléphonie mobile est la locomotive du secteur, avec les services d’interconnexion et la balance des communications internationales. Au mois de décembre 2009, le parc d’abonnés au mobile s’élève à 2 256 713 abonnés soit plus de 70% des Mauritaniens. Ce marché florissant du mobile est dominé par l’opérateur historique Mauritel SA. Cette forte croissance du secteur télécoms, attire de nouveaux acteurs, attise des convoitises et soulève d’importants enjeux économiques et sociaux mais aussi politiques.
Le contrôle de certains segments de la chaîne de valeur doit être remis en cause par le régulateur. C’est le cas des communications téléphoniques internationales, qui constituent une niche rentable à forte croissance. En 2009, le trafic départ est de 1 650 850(en milliers de minutes) et à l’arrivée en Mauritanie (aucune informations le rapport 2009 de l’ARE), mais certain que le solde sera positif et estimer à millions de minutes en arrivée. En 2010, ce trafic international à l’arrivée a explosé partout en Afrique grâce aux immigrés et les offres de terminaison des appels…
Comment se calculent les taxes issues du trafic international ? Selon la réglementation internationale de l’IUT, pour chaque communication internationale, l'opérateur de télécoms d'origine applique une taxe aux usagers, appelée taxe de perception ou tarif. A cette taxe s'ajoute une deuxième taxe, à savoir, la taxe de répartition qui correspond au prix payé par l'opérateur d'origine pour faire aboutir l'appel. Cette taxe est négociée bilatéralement entre l'opérateur d'origine et l’opérateur de destination et est liée, au coût des installations de bout en bout de l'opérateur. Les taxes de répartition sont généralement libellées en dollars des Etats-Unis ou en droits de tirage spéciaux (DTS). L'exploitant d'origine et l'exploitant de destination partagent habituellement par moitié (50% chacun) la taxe de répartition pour déterminer le montant pour excédent de trafic que doit payer l'exploitant d'origine pour faire aboutir son trafic; cette taxe est appelée quote-part de répartition. Pour notre cas elle doit enregistrée un excédent net de quelque millions de minutes (aucune information dans le dernier rapport 2009 de l’ARE), avec une taxe de répartition qui serait fixée à deux unités, les opérateurs télécoms auraient reçu des opérateurs étrangers une quote-part de répartition de quelques millions de dollars pour acheminer leurs appels, soit un dollar pour chaque minute de solde net ! A l’évidence de tels chiffres aiguisent beaucoup d’appétit !
En raison de ces énormes enjeux financiers, mais aussi de l’ambigüités entourant ce secteur d’activité concernant le volume réel du trafic international, l’Etat doit penser à l’instar des autres pays à la mise en place d’un système de contrôle et de tarification des communications téléphoniques internationales entrants en Mauritanie à travers un décret ou lois qui modifie le contexte d’exploitation des télécoms, surtout qu’il s’aligne avec les dispositions de la loi 2001-18 régulant les télécoms dans notre pays ;et fixer des objectifs financiers très ambitieux, en prenant en considération les défis traditionnels :
Le défi de la transparence et de la bonne gouvernance dans l’attribution des licences
Le défi de la compétitivité de la destination Mauritanie
Le défi de la conformité avec la réglementation internationale de l’Iut:
Le défi de la compétitivité des opérateurs de télécoms en Mauritanie
Le défi de la sécurité et du respect de la vie privée des citoyens
Le défi de la modernisation technologique et de l’innovation
Au-delà de ces défis à lever,
Parlons d’abord de (l’UIT) Union Internationale des Télécommunications qui est une organisation spécialisée des Nations Unies dans le secteur des TIC (Technologies de l’Information et de le Communication) qui s’emploie de plus en plus à instaurer un environnement favorable grâce à la modernisation et à l’harmonisation des politiques et réglementations, à travers la mise en œuvre de plusieurs priorités qu’elle s’est fixée à savoir : améliorer la cyber sécurité et les communications d’urgence, faciliter le passage aux réseaux de la prochaine génération et renforcer les capacités, en particulier dans les pays les moins avancés notamment les pays de l’Afrique.
Elle est un démembrement des Nations Unies. Cette organisation régule le secteur des Télécoms dans le monde.
« L’UIT se trouve à l’avant-garde des TIC, en ce sens qu’elle définit et adopte les normes techniques convenues à l’échelle mondiale grâce auxquelles les entreprises du secteur peuvent assurer l’interconnexion harmonieuse des usagers et des équipements dans le monde entier. »
Cette institution indique que la maitrise du flux du trafic international est d’une importance capitale car de cette maitrise va résulter la pertinence des normes devant régir les interconnexions entre pays, entre continents.
« Comme le font remarquer Tim Kelly et Mark Woodhall de l’UIT dans leur analyse sur les indicateurs du trafic téléphonique, le trafic est strictement la plus importante des valeurs du secteur des télécoms et la direction du flux du trafic en dit long sur la nature et le type d’interactions sociales et commerciales qui existent entre les pays.
Cependant, ils nous font remarquer qu’une partie de plus en plus importante du trafic échappe au contrôle de l’UIT et cela pour plusieurs raisons :
Le trafic de la voix et du fax passe par des réseaux non gérés par les réseaux téléphoniques ordinaires ; ils passent via Internet, des lignes spécialisées ou via des frame-relay networks
Une part de marché de plus en plus importante est tenue par des carriers de plus en plus petits qui ne sont pas obligés de communiquer leurs volumes de trafic aux Régulateurs
Un nombre grandissant du trafic ne passe plus par le système comptable traditionnel mais passe sous d'autres régimes comptables. Avec le remplacement progressif du système comptable traditionnel par les systèmes fondés sur les interconnections inter-frontières, les statistiques sur le trafic deviendront de plus en plus difficiles à rassembler et de moins en moins fiables.
Selon Jean Pierre Regis, un spécialiste Télécom, « cette situation de manque de visibilité sur le volume du trafic est d’autant plus préoccupante pour le continent africain que celui-ci enregistre l’une des plus fortes croissances du nombre d’abonnés au téléphone mobile dans le monde avec plus de 300% du nombre d’abonnés entre 2005 et 2009 où nous comptons près de 500 millions d’abonnés ».
L’Afrique étant aussi l’un des plus gros pourvoyeurs d’immigrés en Europe et aux USA « nous pouvons aisément en déduire un flux de plus en plus important du trafic en direction de ce continent, impactant sur la balance téléphonique les liant au reste du monde » dit Jean Pierre Regis. En effet le flux du trafic téléphonique vers l’Afrique est positivement corrélé à celui du transfert d’argent qui, selon la Banque Mondiale a triplé entre 1995 et 2003 avec une tendance soutenue à la hausse.
Le flux téléphonique a augmenté dans des proportions plus grandes car chaque transfert d’argent effectué est accompagné d’un coup de fil ou d’un SMS alors que l’inverse n’est pas vrai. « Ainsi, pendant que le trafic téléphonique croit de façon substantielle vers l’Afrique, la visibilité décroît de façon significative et inquiétante ! Il est donc plus que jamais urgent pour les Etats africains et pour l’UIT de se doter de moyens techniques et institutionnels pour améliorer la visibilité et la gestion du trafic » soutient-il.
« Système de gestion intelligente du trafic international »
« Pour remédier à cette situation, et permettre aux acteurs exerçant dans leurs pays de profiter pleinement du boum téléphonique que connait l’Afrique depuis une décennie, certains gouvernements du continent ont décidé de doter leurs pays, à travers leurs Autorités de Régulation d’un système de gestion et de supervision du trafic international entrant » fait remarquer Jean Pierre Regis.
Ces systèmes permettent aux Régulateurs de gérer le trafic domestique, de mener un audit sur le trafic international et de tracer de façon instantanée tout le trafic international entrant sur leurs territoires, apportant ainsi, au niveau micro une réponse technique à cette importante problématique macro de l’UIT ».
« Mieux, ce système ultramoderne de gestion intelligente des interconnexions et de supervision du trafic international entrant permet aussi de lutter efficacement contre la fraude qui prend des proportions ahurissantes en Afrique et dont les acteurs sont les seuls bénéficiaires au détriment de la facture numérique des Etats et des opérateurs légalement constitués » ajoute-t-il.
La réussite de ce système requiert, et cela est évident, une modernisation des infrastructures existantes, la mise à niveau des Régulateurs avec les nouvelles technologies NGN (Next Generation Network), la mise en place d’un mécanisme de benchmark régulier pour rester à la pointe technologique, l’exploitation efficace des infrastructures dans des pays ou les infrastructures de base (électricité, internet, etc.) ne sont que très limitées.
« Il faut malgré tout maintenir un niveau d’ARPU (Revenu Moyen par abonné) rentable aux opérateurs sans augmenter la facture numérique du consommateur local, attirer et protéger les investissements dans les télécoms en garantissant un ROI (Retour sur investissement) positif pour les preneurs de risques et arriver à un consensus avec les opérateurs locaux dans un partenariat gagnant-gagnant avec pour objectif de générer une balance des télécoms positive » souligne-t-il.
Dans cette optique, certains pays comme l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont réévalué leur marché en maintenant les tarifs à l’entrée entre 19 et 20 centimes d’euros, le Cuba est à 55.10 centimes d’euros. Quelques pays de l’Afrique subsaharienne ont entrepris eux aussi de maintenir une balance téléphonique non déficitaire avec le Reste du Monde en réévaluant leurs tarifs à l’entrée : c’est le cas par exemple du Gabon ou l’on est à 20 centimes d’euros et du Ghana ou le seuil tarifaire se situe à 19 centimes d’euros depuis le 1er mars 2010.
« Le droit souverain de réglementer ses télécommunications étant pleinement reconnu à chaque pays, les dispositions contenues dans le présent Règlement complètent la Convention internationale des télécommunications, dans le but d’atteindre les objectifs de l’Union internationale des télécommunications en favorisant le développement des services de télécommunication et l’amélioration de leur exploitation, tout en permettant le développement harmonieux des moyens utilisés pour les télécommunications à l’échelle mondiale ».
Pour s’en convaincre il suffit d’étudier le cas de la République de Guinée ou en 4 mois de fonctionnement, le système a permis de détecter et de déconnecter plus de 16.000 lignes frauduleuses pour ne citer que cet exemple.
Au Gabon, plus de 100.000 appels anti-fraude seront effectués par mois et les prévisions estiment à 90% le taux d’éradication définitive de la fraude sur les routes grises dans ce pays à l’issue du premier trimestre de sa mise en route effective.
Des revenus additionnels pour les Etats
Tous ces succès en matière de lutte contre la fraude ajoutés à la redistribution (qui demeure, il faut le reconnaitre, encore déséquilibrée au profit des acteurs de la bourse du marché Wholesale) des revenus sur la chaine de valeur du marché de gros augurent des perspectives heureuses pour les Etats mais aussi et surtout pour les opérateurs qui, sont les plus gros bénéficiaires de ces réalisations.
Car en effet, les opérateurs légalement constitués ne seraient-ils pas les premiers qui souffriraient des routes grises ? Ne seraient-ce pas encore les opérateurs qui pâtiraient de l’instabilité des prix sur le marché Wholesale si rien n’était fait par les Autorités de Régulation pour stabiliser les prix sur ce marché ?
Dans cet élan d’assainissement et dans l’optique d’inscrire l’Etat ghanéen sur le sentier de la modernité et de permettre au pays d’avoir une balance téléphonique positive, le ministre des Communications Mr Haruna Iddrisu a annoncé, selon l’agence de presse du Ghana (GNA) que le gouvernement du Ghana comptait établir cette année un centre de vérification des appels internationaux entrants.
Selon GNA, le Ministre « estime que si cela est bien fait, le gouvernement génèrera 50 millions de dollars US supplémentaires par an sur les appels internationaux entrants ».
Selon Jean Pierre, « ces revenus supplémentaires, rappelons-le, proviendront essentiellement de la fixation d’un seuil tarifaire du prix en gros de la terminaison d’un appel vers le Ghana qui va passer des le 1er mars 2010, de 0.08/0.09 dollars US à 0.19 par minute et dont le différentiel sera partagé entre l’Etat et les opérateurs qui exercent au Ghana. De même, ces revenus seront générés par l’éradication substantielle de la fraude sur les appels internationaux, permettant ainsi aux opérateurs et à l’Etat de maximiser à juste titre, leurs factures numériques respectives ».
Avec ce système de contrôle, l’Etat congolais gagne 1,8 milliard en deux mois
De même, le ministre des Postes et Télécommunications chargé des Nouvelles Technologies de la République du Congo, M. Thierry Moungala affirmait au cours de la cérémonie d’inauguration du Centre de contrôle et de supervision du trafic international a affirmé « qu’en deux mois de fonctionnement, le centre a permis d’engranger 1,8 milliards de FCFA soit à peu près 4 millions de dollars américains ».
De quoi aider ces gouvernements à faire face à leurs fonctions régaliennes de façon autonome réduisant ainsi leur dépendance à l’aide internationale.
Avec l’appui technique des entreprises spécialisées dans ce domaine, ces pays se sont dotés d’une technologie pour contrôler, calculer et superviser le trafic international entrant sur leurs territoires. Ce système ultramoderne permet pour un pays, notamment la visualisation de tous les appels internationaux de tous les opérateurs dans le pays et le contrôle en temps réel du volume et de la qualité du service et du trafic entrant et sortant.
L’autre avantage substantiel de cette plateforme, c’est la lutte contre la fraude sur les appels internationaux entrant dans ces pays.
Ces entreprises de concert avec les Régulateurs (comme ARTP) et les opérateurs privés et publics, s’est « engagée résolument à instituer voire institutionnaliser une politique agressive anti-fraude permettant, grâce au système installé, à toutes les minutes de communication entrant, de passer par des voies légales qui ne sont rien d‘autre que celles des opérateurs ayant dûment acquis leurs licences dans les pays concernés ».
Cela constitue un gain fiscal direct pour l’Etat dans le sens que l’Etat reçoit désormais une quote-part sur chaque minute de communication qui entre, et ce, sans incidence aucune sur le prix payé par le consommateur.
Ainsi le reconnaît le Directeur General de la DGACPT, M. Jean Bosco Obili s’agissant du cas de la République du Congo, « … Là où l’Etat ne gagnait aucun franc sur les appels téléphoniques internationaux entrants, il devrait gagner douze milliards par année ».
Dans la même lancée, M. Ousmane Camara, alors Directeur de l’ARPT déclarait lors de la mise en place des systèmes d’interconnexion STP de la Guinée « …La minute de communication longtemps restée dans le seul giron du secteur comme unité de mesure des communications téléphoniques devient ainsi une marchandise taxable pour l’Etat lorsqu’elle est importée ».
Yacoub Mohamed ABEIDI
Consultant en télécommunication
4 53 53 53
Source :
- Bitimrew.com
-Alioune SARR ingénieur informaticien : coordinateur de l’alliance nationale des cadres : L’AFP
Sénégal
-Rapport annuel 2009 de l’ARE
La Mauritanie mise sur la filière gazière: 'Gazprom' dans la course
La découverte ces dernières années d’importants champs gaziers et les perspectives prometteuses des explorations dans le bassin de Taoudenni suscite un regain d’intérêt des grandes holdings internationaux qui, flairant le jackpot sont prêts à mettre toutes leurs forces dans la bataille pour se placer au premier rang.
Un marché prometteur
C’est dans ce cadre qu’il conviendrait d’inscrire la visite ces derniers jours à Nouakchott du directeur régional de la société russe « Gazprom ».
Ce responsable de haut niveau a eu un entretien avec le ministre de l'énergie et du pétrole et « Les entretiens ont porté sur les voies et moyens de renforcer davantage les liens de coopération existant entre la Mauritanie et la Russie notamment dans les domaines de l'énergie et du pétrole. »
Cette visite intervient après la découverte d'importants gisements de gaz et de pétrole dans le bassin de Taoudéni géré par Total. Le géant pétrolier Gazprom, serait donc tenté par des explorations en Mauritanie, où les indices de découvertes de gros gisements sont très probables notamment en onshore.
Notons que dèjà en 2006, le Groupe pétrolier britannique DANA avait découvert au nord de Nouakchott 2 gisements de gaz naturel.
DANA a investi 82 millions de US $ dans les forages et les activités sismiques.
Les réserves de gaz des champs Banda (situé dans le bloc 4 à 20 km à l’Est de Nouakchott et opéré par Petronas) et Pélican (situé dans le bloc 7 et opéré par Dana) sont estimées à 3 TCF (Trillion Cubic Feet) ou 84 milliards m3.
Le gisement de Pélican (gaz) n’a pas encore été évalué. Au niveau de celui de Banda (gaz), 2 forages ont été effectués en plus de celui qui a abouti à sa découverte.
Les réserves (3 TCF ou 84 milliards m3), qui doivent être confirmées par des évaluations précises, ne permettent pas encore de se lancer dans la construction d’unités de liquéfaction de gaz que toutes les entreprises présentes en Mauritanie souhaiteraient entreprendre le plus tôt possible. Il faut pour cela avoir 200 milliards de m3 de gaz récupérables (7 TCF) pour rentabiliser les lourds investissements nécessaires à ce type d’industrie gazière.
Des études, en association avec des entreprises gazières internationales (Gaz de France et Petronas), ont été initiées par les autorités mauritaniennes pour la génération d’électricité à partir du gaz associé au pétrole de Chinguetti (ce gaz est stocké pour le moment dans un puits situé dans le champ voisin de Banda et foré à cet effet) et le gaz de Banda une fois les volumes de celui-ci connus avec précision.
Des résultats de ces études, il ressort la mise en place, sur une période de 25 ans, d’une centrale électrique de 700 MW. La construction de celle-ci se fera en 2 phases de 350 MW chacune.
Les conditions de réalisation de cet important projet sont en cours de négociation entre la Mauritanie et ses différents partenaires.
Une fois cette centrale construite, il est intéressant pour la Mauritanie de donner une priorité à la vente à la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière) de tout excédent énergétique. Une ligne haute tension, pour acheminer ce surplus, pourrait être réalisée entre les villes de Nouakchott et de Nouadhibou permettant aussi à la côte de mieux se développer. Certains projets de la SNIM non rentables, aujourd’hui, le deviendront et une augmentation sensible de la rentabilité des différentes mines exploitées par cette société sera constatée.
Il y a lieu de rappeler, ici, que les coûts énergétiques représentent 60% des charges d’exploitation de la SNIM.
L’entrée dans la danse de la multinationale russe n’est donc pas fortuite.
La firme Gazprom a commencé en mars dernier le forage de son premier puits d’exploration de pétrole onshore en Afrique dans la région algérienne d’El Assel.
Gazprom prend pied en Afrique
C’est donc à partir d’Alger, où il ouvre son bureau régional, que le géant russe disserte sur ses projets dans la prospection, la production, le transport, la liquéfaction du gaz mais aussi la production d’électricité sur le continent.
« Nous donnons pouvoir à notre bureau d’Alger d'agir en Afrique. Après, au fur et à mesure que des projets vont se développer, on sera probablement amenés à créer d'autres bureaux sur le continent. » note Alexandre Medvedev, vice-président de Gazprom, qui était à Alger en juin dernier pour l’ouverture des bureaux du groupe.
Il avait alors expliqué que l’Afrique a « une importance de première ordre ». « Gazprom a une expérience unique dans le monde puisqu’elle est active dans des conditions météorologiques extrêmes que ce soit dans le Nord ou dans le Sud. Sonatrach a une expérience unique dans le domaine du GNL ainsi que de la production d'hydrocarbures sur son territoire.
La Mauritanie est donc appelé à se transformer en un pays producteur de pétrole et de gaz, ce qui va se traduire par des changements économiques et sociaux.
En plus du champ de Chinguetti, la Mauritanie possède plusieurs autres gisements potentiels de pétrole et gaz naturel offshore.
En mars 2005, le gouvernement mauritanien a créé un ministère séparé de pétrole et d'énergie pour manipuler le dossier d'énergie sur lequel le pays fonde d’immenses espoirs.
Bakari Guèye
«Mauritania Airways»: Attention à la prochaine sortie de piste
Dans un précédent article (Nouakchott Info n°1970 du 29/04/2010), nous indiquions que la compagnie aérienne mauritano-tunisienne «Mauritania Airways» souffrait d’un déficit de plusieurs millions d’Euro, bien qu’elle affichait sa volonté de se développer rapidement, son réseau s’étendant à l’Afrique Centrale et ambitionnant d’acquérir, fin 2010-début 2011, un quatrième avion pour desservir des capitales comme Ouagadougou, Accra,
Luanda et Lomé, non sans oublier de développer un réseau intérieur (Sélibaby, Kiffa, Aïoun, Néma, etc.).
Certes, c'est là un beau programme, quoi que dépassant dans l'immédiat les moyens de la compagnie laquelle ne surfait surtout pas sur la meilleure des vagues et cachait mal ses souffrances: des fournisseurs impayés (STAR, Mauritanie catering, Asecna, impôts …), des pannes à répétition (Nouadhibou,
Dakar, Nouakchott), des vols annulés ou retardés, des passagers en rade dans différentes villes desservies, etc.
Il est vrai que, créée suite à la liquidation de la compagnie nationale Air Mauritanie dans un contexte politique assez particulier, "Mauritania Airways", qui paraîtra d'ailleurs plus une compagnie tunisienne que mauritanienne, ne réussira pas à se faire accepter par tous les mauritaniens, voyant derrière sa création un certain opportunisme et lui reprochant son quasi-contrôle par un staff exclusivement tunisien.
Cela est d'autant plus vrai que la compagnie avait démarré avec une première fausse note (la crise des hôtesses lorsqu'elle se proposa d'en recruter). Et comme un malheur ne vient jamais seul, ce fut le tour des pilotes puis des mécaniciens, le personnel mauritanien dont les compétences sont avérées quittant ainsi les uns après les autres cette compagnie, quand ils avaient la possibilité de le faire.
On change dans la forme et dans le fond ?
Mais le coup dur viendra avec l'accident de Conakry, qui fort heureusement n'a pas fait de victime, un avion de "Mauritania Airways", un Boeing 737-700, qui venait de Nouakchott via Dakar avec 97 passagers à bord dont six membres d'équipage, ayant fini sa course hors de la piste dans les broussailles près de l'aéroport de Conakry, faisant dix blessés légers, selon un bilan de source aéroportuaire.
Un incident qui mettra les indicateurs, déjà à l'orange, au rouge, ne laissant aucune chance au directeur général Moncef Badis, ni à son Directeur administratif et financier qui seront remplacés peu après en plus de quelques employés de moins.
Mais, même ces réaménagements dont l'objectif semblait visiblement de chercher à faire gagner du temps à la société en attendant une entrée probable dans le capital de l'Etat Mauritanien par une participation plus importante qui donnerait ainsi de l'argent frais à la compagnie, ne rassureront pas. Le nouveau directeur de "Mauritania Airways", Mr. RIDA Jemaiel, devant, tout au mieux, poursuivre les promesses de son prédécesseur alors que le partenaire TUNISAIR n'offre pas encore de solution technique, notamment pour remplacer l'avion accidenté à Conakry, qui a déjà été remboursé par les assurances.
Car, à y voir de très près, l'on est tenté de croire que le staff de "Mauritania Airways" joue la montre en espérant un appui politique du côté de Tunis, qui inciterait Nouakchott à abandonner le projet de sa compagnie nationale pour se rabattre sur le projet issu du partenariat entre les deux pays.
Nouakchott suit de près …
Quoi qu'il en soit, à Nouakchott les autorités nationales de l'aviation civile se montrent de plus en plus préoccupées par la situation de "Mauritania Airways". Ce qui est évident quand on sait que l'arrêt de la compagnie - qui ne dispose que de deux avions lesquels seront immobilisés au mois de novembre car ils seront en fin de potentiel - provoquera du coup un isolement du pays. Pire, faute d'avions de remplacement pendant la période d'immobilisation plus aucun vol ne sera opéré.
Et même si tous les regards se portaient déjà vers la nouvelle compagnie aérienne nationale, la "Mauritanian Airlines International" (MAI) qui fut créée en mars 2009 par une volonté politique afin de "combler le déficit du pays en transport aérien tant au niveau intérieur qu'au niveau régional et international", force est de constater que, plus d'une année plus tard, la remplaçante d'Air Mauritanie, qui a changé de directeur général avant même de décoller, continue d'avoir l'esprit dans l'air et les pieds cloués au sol, cherchant un avion en vain pour décoller.
Par ce lourd retard que prend MAI, l'impatience s'agrandit et la crainte de voir "Mauritania Airways" disparaître des airs ajoute à l'angoisse. Surtout qu'il n'y a toujours pas de visibilité dans l'existence réelle de la nouvelle compagnie aérienne alors que le Conseil d'administration siège et que le capital de la société a été mobilisé.
Certes un accord de coopération technique entre l'Etat algérien et l'Etat mauritanien a été convenu lors de la visite du Ministre de l'Equipement et des Transports à Alger en juin dernier. Encore faut-il préciser que les algériens ne sont pas intéressés par le capital de MAI, mais ils se sont déclarés disposer pour l'assistance notamment la formation du personnel, la maintenance, l'acquisition d'avion.
Le hic est que pour la MAI, il y a un impératif pour se substituer à "Mauritania Airways" ou tout simplement pour voir le jour: la nouvelle compagnie aérienne mauritanienne doit trouver des avions si le pays veut éviter l'isolement et garder la main sur sa clientèle des liaisons "Las Palmas -Dakar -Abidjan -Brazzaville" qui sont des lignes porteuses.
Mohamed Ould Khattatt
mmkhattatt@hotmail.com
In Nouakchott Info N°2088
Petronas: Risque de divorce!
Les négociations entre les autorités mauritaniennes et Pétronas quant à la construction d'une centrale électrique alimentée par le Gaz de Benda butent sur le coût de construction de la dite centrale. Pour exécuter ce projet Pétronas demande aux autorités de revoir «à la baisse le régime fiscal» de son contrat, révèle Africa Energie Intelligence .
Pétronas a dorénavant les mains liées. La reconduction de son contrat, venu à échéance depuis août 2009, est aujourd'hui conditionnée par les autorités nationales par la construction d'une centrale électrique de 700 MW.
Pendant ce temps «les Malaisiens qui veulent développer le champ gazier de Banda tentent sans succès d'obtenir une prolongation de leur droit sur les zones offshore A et B» , celles-là même où se situe le Champ gazier de Benda .
Comme nous l'écrivions, il y a encore quelques mois, les usines en Mauritanie ne tournent pas à plein régime. Et la principale cause tient au rationnement de l'électricité. La gestion parcimonieuse du faible potentiel électrique est, en grande partie, à l'origine de la situation de délestages permanents. Le déficit en électricité toucherait plus de 80% des unités industrielles.
La production pétrolière en chute libre .
Une forte désillusion est connue dans la production pétrolière offshore. La production oscillerait aujourd'hui autour de 8 000 b/j. L'ambition de Pétronas de doubler la production de Chinguitty est contrariée par le souhait des autorités de construction d'une centrale tournant au Gaz de Benda . La situation fait planer un épais nuage sur les relations entre les deux parties.
De plus, les autorités mauritaniennes ne pardonneraient pas à la société malaisienne de traîner du pied depuis sa succession à Woodside dans l'exploration d'autres blocs et au moment où des espoirs sur les forages prévus dans le bassin de Taoudeni (Ta7 et Ta8) pourraient révéler de nouvelles opportunités hydrocarbures. Un véritable bras de fer déguisé oppose depuis quelques temps les deux parties quant à la réalisation de la Centrale électrique. L'Etat tente donc de convaincre la société malaisienne pour la construction d'une centrale.
Qui fait chanter qui ?
Mais les entretiens en septembre 2010, entre le directeur général de Petronas pour les opérations internationales, Chai Kwow Kitn , et le ministre mauritanien de l'énergie et du pétrole, Wane Ibrahima Lamine , ont failli tourner simplement au divorce. Dans un rapport remis aux autorités sur le développement du Champ Benda , situé en zone offshore A et B, Pétronas concluait que « le projet de construction d'une centrale électrique de 700 MW serait très coûteux et qu'il était donc essentiel de revoir à la baisse le régime fiscal du contrat précédent » .
Cette affaire commence alors que les autorités ont déjà identifié un site de construction de la Centrale sur la côte à Nouakchott . En février 2010, Empower LTD , filiale du groupe britannique GLOBELEC , avait signé avec le Premier Ministre, un contrat pour la construction d'une nouvelle centrale de 36MW.
Le coût financier est de 40 millions d'euros (25 millions soutenus par le Fonds arabe pour le développement économique et social ) et 10 millions par la BID (Banque Islamique pour le développement). Le montage de cette centrale se décomposait en deux phases dont la mise en place d'une première turbine de 12 MW, dès septembre 2010, alors que deux autres turbines ne seront fonctionnelles qu'en fin 2010 ou début 2011.
Mais au point où en sont les relations entre Pétronas et les autorités, il y a lieu aujourd'hui de croire à un sérieux risque de divorce. Peut être même que les autorités mauritaniennes tentent déjà de trouver un nouveau partenaire pour supplanter Pétronas . Lequel et à quelles conditions?
Jedna Deida
Source: Le Quotidien de Nouakchott
Masof Mauritania /Santiago Iglesias-Carballo : Un litige privé peut- il compromettre l’accord de pêche avec l’UE ?
Décidément les eaux territoriales mauritaniennes sont un océan de problèmes que doivent gérer quotidiennement, en sus des humeurs de la DSPCM, nos armateurs. Dernière affaire en date celle du Sultana 3 un navire appartenant à la société Masof Mauritania et dont le sort selon plusieurs medias européen risque d’hypothéquer la reconduction des accords de pêche de l’UE qui expirent en 2012 et dont le processus de négociation devrait commencer après l'été 2010.
Selon ces medias, Masof Mauritanie va dénoncer l'accord de pêche entre l'Union européenne (UE) et la Mauritanie en raison de l’indifférence affichée par la société espagnole Santiago Iglesias-Carballo - et son assureur Mutua Pesquera – pour la compensation de son navire qui a fait naufrage après avoir été éperonné par la bateau espagnol il y a un an..
L’accident est survenu le 20 août 2009, dans les eaux mauritaniennes et a entraîné le naufrage du navire mauritanien. Sultana III, a été percuté par le navire battant pavillon espagnol, Bahía de Portosanto.
L’équipage du Sultana III composé de mauritaniens et de chinois avait pu miraculeusement échapper à la noyade. Cependant la société espagnole avait offert verbalement un accord à l’amiable portant sur le paiement de EUR 800.000, pour couvrir tous les dommages occasionnés par l'accident, mais Masof a refusé net en opposant tout le préjudice subi suite à cet accident.
La société mauritanienne exige le versement du montant de la valeur du navire SultanaIII, ou à défaut la fourniture d’un bateau similaire;
Les frais de couverture sociale, le montant des indemnités de licenciement versés aux marins ; le payement du manque à gagner du fait de l’arrêt de l’activité. Le montant perdu par le fait de ne plus pouvoir pêcher, est estimé à environ EUR 120.000 par mois pendant 12 mois (jusqu’à août 2010) ;
Couvrir le coût d'une licence de pêche des céphalopodes en Mauritanie, qui s'élève à 1,1 million d'euros ; dédommager de la perte de tous les outils et les équipements qui étaient à bord du bateau au moment du naufrage, y compris le carburant; et mettre en oeuvre le programme sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE).
Ces exigences sont très loin de ce qu’offrent les espagnols.
Dans le cadre du processus de négociation, une délégation mauritanienne s'est réunie le 16 Juillet dernier à Madrid avec des représentant de la société espagnole et de son assureur. Mais les vacances en Europe et le manque d'intérêt manifeste de Santiago Iglesias Carballa et Mutua Pesquera de trouver une solution au conflit, comme l'a soutenu Masof, a conduit l'entreprise mauritanienne à engager une action contre eux devant que l'Union européenne. Et pour mettre un peu la pression, Masof a déclaré qu’elle allait entamer des démarches auprès du gouvernement mauritanien pour l’amener à dénoncer les accords de pêche avec l’Union Européenne.
Cependant un représentant de Masof a souligné qu'il appréciait l'aide et la compréhension que le gouvernement espagnol a manifesté à son égard, en particulier le Secrétariat Général de la Mer, ministère de l'Environnement Rural et Marin (MARM) ainsi que l'Ambassade d'Espagne en Mauritanie, qui font tout pour parvenir à un accord. Bouna Cherif/www.quotidien-nouakchott.com
Les saoudiens à la recherche de l’or vert au Brakna
C’est par voie d’affichage de deux « avis publics » distincts daté du 7 juillet 2010, signé du tout nouveau hakem de la moughataa de Boghé, M Ahmedna Ould Mohamed Lemine, au nom du ministre de l’intérieur et de la décentralisation, que l’Etat a informé le public de sa décision de mettre à la disposition des investisseurs saoudiens de la société « Tabouk Eziraiya » du groupe saoudien « Al-Rajhi », des terrains à usage agricole dans la commune de Boghé et celle de Dar El Barka.
Les faits
L’avis public numéro 001 concernant le terrain à usage agricole dans la commune de Boghé que l’Etat entend céder aux investisseurs saoudiens est délimité au Nord par l’affluent de l’Oued et le village de Elb Jmel, à l’Est par le village de El Goss, au Sud par Elb El Azlat et à l’Ouest par l’ancienne piste Rosso-Boghé et à 4 km de l’actuelle route bitumée. Quant à l’avis public numéro 002 concernant un terrain à usage agricole dans la commune de Dar El Barka, il est scindé en quatre blocs. Le premier bloc d’une superficie de 3200 ha est délimité à l’Est par la route goudronnée menant à Dar El Barka entre le carrefour et le village chef lieu de la commune ; à l’Ouest par les villages de Boubou Diana et Bour Walo ; au Sud par le Walo de Dar El Barka et au Nord par le Koundi. Le second bloc d’une superficie de 1200 ha est délimité à l’est par le Koundi ; à l’Ouest par une dépression ; au Sud par le Koundi encore et au Nord par la route goudronnée Rosso-Boghé. Le troisième bloc d’une superficie de 2600 ha est délimité au Nord par la route goudronnée Rosso-Boghé ; à l’Est par la cuvette de Maï-Maï ; au Sud par le Koundi ; à l’Ouest par le Koundi également. Le quatrième bloc d’une superficie de 3500 ha est délimité au Nord par le Koundi ; à l’Est par la réserve de Leup Phère et le Koundi ; au Sud par des terres de cultures et à l’Ouest par la route goudronnée menant à Dar El Barka entre le carrefour et le village. Un délai de 60 jours est accordé pour permettre aux personnes physiques ou morales qui ont des prétentions sur les dits terrains délimités, d’apporter des documents administratifs pouvant justifier ces prétentions. Par ailleurs, si l’avis public numéro 1 donne les superficies des zones délimitées pour l’arrondissement de Dar El Barka, il n’en est pas de même s’agissant de la commune de Boghé dont on ignore la superficie en jeu.
On cherche à savoir
Les premières réactions ne se sont pas faites attendre. Tant à Dar El Barka que dans la commune de Boghé éleveurs et agriculteurs sont à l’assaut des services administratifs, qui pour fournir des justificatifs sur des prétentions dans les zones délimitées, qui pour se renseigner sur les véritables intentions des pouvoirs publics. Pour sûr avec l’aggravation de la crise alimentaire, un pays comme l’Arabie Saoudite cherche à assurer son approvisionnement alimentaire. Espérant des retombées économiques, un pays très pauvre comme le nôtre, est prêt à accorder des concessions à un investisseur étranger pour des terres qui seraient si nécessaires pour nourrir sa propre population. Cependant des interrogations demeurent quant au flou qui entoure cette affaire. Hormis les avis publics, rien d’autre n’a filtré sur les conditions de concession, si d’avance concession y avait. Dans l’hypothèse où le groupe Al Rajhi a bénéficié d’une licence d’exploitation d’un vaste domaine de plus 50.000 ha, est-ce un bail a été signé entre les deux parties ? Pour combien de temps dure ce bail ? Autrement dit, un accord a-t-il été signé avec le gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf dans ce sens ? Combien le groupe Al Rajhi a payé pour obtenir ce privilège ? S’ils n’ont rien payé pour cela, quelle est alors la contrepartie concédée à la partie mauritanienne ? Serait-ce qu’elle se contente des opportunités d’emplois que ne manqueront pas de créer l’exploitation des terres ainsi que des investissements réalisés dans les routes, l’irrigation et les infrastructures de stockage des récoltes ? On le sait, plus de 56 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. De plus, où l’investisseur saoudien prévoit-il d’envoyer la récolte brute ? Dans son pays ou ailleurs ? Ces questions s’invitent dans le débat car on ne sait pas si la moindre production va rester en Mauritanie, un pays très pauvre où le Programme Alimentaire Mondial (PAM) fournit une importante aide alimentaire aux populations démunies particulièrement à l’Est et au Centre du pays. Faut-il d’ailleurs rappeler que la Mauritanie n’assure que 30 % de ses besoins alimentaires !
A ces questions sans réponses pour le moment, d’autres aussi sont là qui interpellent les autorités quant aux soucis de nos agriculteurs et éleveurs. En effet, la culture sous pluie est très présente dans ces zones en période d’hivernage. Quelle alternative offre t-on aux agriculteurs si leurs espaces de cultures habituels venait à être engloutis par cet ambitieux projet ? Et les aires de pâturage des animaux, l’environnement aussi quand on sait tous les méfaits des pesticides qui vont être déversés sur d’immenses étendues de terres agricoles ?
Que sait-on de l’investisseur saoudien ?
C’est une famille de quatre frères très fortunés dont l’aîné, Sulaiman Bin Abdul Aziz Al Rajhi –classé par le célèbre magazine Forbes au 37ème rang des fortunes arabes- est assis sur une fortune nette de 11 milliards de dollars. Il a quatre frères, tous hommes d’affaires notamment : Saleh Bin Abdul Aziz Al Rajhi, Abdullah Abdul Aziz Al Rajhi et Mohammed Abdul Aziz Al Rajhi. Sulaiman possède la plus grande part dans le capital de la banque familiale, Al Rajhi Bank, qui opère selon les principes islamiques, c’est-à-dire ne payant pas d’intérêt pour les sommes en dépôt. A noter que Abdullah Al Rajhi, dont la fortune s’élève à 3,8 milliards de dollars, est actionnaire de Al Rajhi Bank, qu’il possède avec ses trois frères. Il possède aussi Al Rajhi Factories qui fabrique divers produits en PVC (polychlorure de vinyle), comme les tuyaux ou les bouteilles d’eau minérale. Entre autres secteurs d’activités, le groupe familial Al-Rajhi est engagé dans l'agriculture, le commerce, la consultation et les technologies de l'information (TI). Le groupe opère dans la presque quasi-totalité des pays arabes.
Sans doute les intentions des autorités mauritaniennes sont louables, mais le silence observé dans le traitement de la question n’aide pas à la compréhension. Surtout que le président de la République fait de la bonne gouvernance économique son cheval de bataille. A moins que cette affaire ne soit inspirée de celle de Madagascar avec la société sud coréenne Daewoo qui devait exploiter 1,3 millions d’hectares de terres cultivables. Il avait obtenu un bail de 99 ans et n’avait rien payé à l’Etat malgache contrairement aux allégations officielles. Le tollé que l’affaire a suscité, a fait échouer le projet de Daewoo. Ce n’est certainement pas une telle expérience qui intéresse le pays. D’où la nécessité de communiquer avec les partis politiques, le parlement et la société civile pour garantir le succès d’une telle entreprise agricole dans notre pays. Moussa Diop/www.quotidien-nouakchott.com
Métal jaune (Or) : Kinross avale Red Back (Tasiast)
Jusqu’ici quasi inconnu en Mauritanie le géant Kinross Gold vient de fusionner avec Red Back Mining, société mère de Tasiast Mining SA qui exploite l’or mauritanien. Avec cette opération, Kinross s'attaque à la sixième place du classement mondial des sociétés aurifères, occupée par Goldcorp.
L’approche fut très prudente et entourée du maximum de confidentialité. A telle enseigne que lors de leur visite commune en Mauritanie, les dirigeants de Red Back et de Kinross se présentèrent aux autorités (Premier Ministre et Ministre des Mines) comme des investisseurs intéressés par les potentialités mauritaniennes. C’était une demi-vérité. En fait, Kinross voulait voir sur le terrain cette poule aux œufs d’or qu’elle s’apprêtait à engloutir. Inutile de préciser que les mauritaniens n’avaient rien vu venir et ce n’est d’ailleurs que le lendemain de l’annonce officielle de la transaction fusion qu’un représentant de Kinross accompagné du vice président de Tasiast viendra informer le ministre de la défense qui assure l’intérim des mines.
En phase préparatoire, Kinross avait début mai, pris un ticket d'un peu moins de 10% dans le capital de Red back qui se relevait à peine de la déconvenue subie lors de son combat avec Randgold pour le contrôle de Moto Goldmines une petite société minière du Congo.
Cette opération amicale de 7,1 milliards de dollars prendra la forme d'un échange d'actions, à raison de 1,778 titre Kinross et 0,11 bon de souscription pour 1 action Red Back. Sur les niveaux de cours actuels, cela revient à payer 30,50 dollars canadiens par action Red Back, offrant une prime de 21% sur le cours moyen des vingt dernières séances. A la fin de cette offre publique d'échange, les actionnaires de Kinross détiendront 63% du capital et ceux de Red Back 37 de la nouvelle entité. Lukas Lundin, président du conseil d'administration de Red Back, et Richard Clark, PDG de Red Back, devraient se joindre au conseil d'administration de Kinross suivant la clôture de la transaction.
En se rapprochant de Red Back Mining, Kinross Gold s'est attaqué à la sixième place du classement mondial des producteurs d'or, occupée actuellement par son compatriote Goldcorp. Il recolle également au futur ensemble qui pourrait naître de la fusion entre les australiens Newcrest Mining et Lihir Gold. Autant dire que derrière les poids lourds du secteur aurifère, Barrick, Newmont et Anglogold Ashanti, les acteurs moyens s'activent.
Certains analystes y voient le début d'une nouvelle vague de fusions-acquisitions, favorisée par la hausse des cours de l'or -dont le cours moyen est ressorti à 976 dollars l'once en 2009 et à près de 1.050 dollars depuis le début de l'année -, et qui a permis aux acteurs de se refaire une santé financière.
Red Back qui est basée à Vancouver, s'est focalisée sur des gisements en Afrique, dans des contrées peu prospectées. Elle détient deux projets majeurs, Chirano au Ghana et surtout Tasiast en Mauritanie et, pour chacun de ces projets, elle a l'autorisation d'aller plus loin dans l'exploration. En 2009, elle a extrait de ses mines moins de 200.000 onces de métal jaune. En 2010, ce sera deux fois plus. Kinross ne pouvait plus hésiter, d'autant que Red Back lui ouvre les portes d'une nouvelle région, lui qui était jusqu’ici cantonné au continent américain, du nord au sud, et à la Sibérie. Selon les estimations des analystes la production de Kinross et Red Back pourrait être d'environ 3,9 millions d'onces en 2015.
La société ainsi créée disposera de 10 mines et 4 projets de développement, d'exploitation dans 8 pays. Sur la base de Janvier la production de la société commune devrait être d’environ 2,6 à 2 700,000 onces d'or par an. À la clôture de la transaction, les réserves potentielles seront de l’ordre de 53,2 millions d'onces et les ressources prouvées augmenteront de 19,5 millions d'onces.
Kinross est une société aurifère canadienne qui a pour principale activité l'exploitation minière avec des mines et des projets au Canada, aux États-Unis, Brésil, Chili, Equateur et en Russie, qui emploie environ 5.500 personnes dans le monde entier.
Il est bien entendu inutile de souligner que pas le moindre dollar ne rentre dans l’escarcelle mauritanienne du fait de cette transaction. Ainsi du fait des carences de notre propre code minier, notre sous sol peut être ‘’vendu’’ sous notre nez sans que n’ayons voix au chapitre ou qu’au moins on nous paye une taxe sur la transaction mais on en est pas à une injustice près !
Bouna Cherif
Encadré
Entre le 1er Janvier 2010 et le 30 Juin 2010 Tasisat a Produit 104 015 onces d’or.
Pour un coût de production de 366 dollars de l’once et un amortissement de 157 dollars de l’once. Elle a versé à la Mauritanie 66 dollars de l’once en royalties.
Au prix d’aujourd’hui qui est de 1188 dollars de l’once Tasiast Mauritania Sa a gagné 62 millions de dollars alors que la Mauritanie n’en a eu que 6,8 millions. Voilà pourquoi l’achat de Red Back est une bonne affaire pour Kinross.quotidien-noukchott.com
Mauritanie : arraisonnement de 4 chalutiers européens en infraction
Quatre bateaux italiens et un portugais ont été arraisonnés pour « manquement à la réglementation » de la pêche, dimanche au large de Nouakchott, par la marine mauritanien, a appris Xinhua de sources proches de la direction de surveillance des pêches et de contrôle maritime.
Ces chalutiers sont arraisonnés pour mauvaise tenue du journal de pêche, absence de 2 marins mauritaniens, présence non justifiée de marins étrangers, défaut de marquage, détention de juvéniles et mauvaise tenue du journal de pêche, précise-t-on de même sources.
Ils devraient avoir à leur bord des marins mauritaniens, comme le prévoient les accords de pêche conclus entre la Mauritanie et l’Union européenne en matière de pêche.
Le 22 juillet dernier, sept bateaux de pêche italiens opérant dans les eaux mauritaniennes, ont été arraisonnés par la marine mauritanienne, pour n’avoir pas "transmis les données satellitaires" liées à leurs mouvements et leur activité en mer. Ces mêmes bateaux avaient payé une amende d 15 000 dollars pour chacun. (Xinhua)
Pétrole : Questions sans réponses
Dans le document qui a été présenté à la table ronde sur la Mauritanie, le gouvernement explique les disfonctionnements de son économie par certaines mauvaises prévisions liées notamment à la production du pétrole. Mais pendant que le Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf et les ministres qui l’accompagnaient réussissaient à forcer la main à la communauté des bailleurs pour revenir avec 3,2 milliards de dollars US dans leur escarcelle, on parle à Nouakchott d’un scandale pétrolier qui aurait fait perdre à la Mauritanie plusieurs milliards d’ouguiyas.
Le sujet porte essentiellement sur l’exploration – mais aussi l’exploitation – par un consortium d’entreprises dirigées par Petronas, au niveau des blocs A et B alors que les contrats liant ces sociétés avec l’Etat mauritanien n’ont pas été renouvelés dans les délais ! L’affaire qui fait couler aujourd’hui beaucoup d’encre a été évoquée, il y a quelque temps, par l’ancien ministre du Pétrole et de l’Energie, Mohamed Ali Ould Sidi Mohamed qui a déclaré dans une interview accordée à un journal de la place que les contrats de prospection et de partage de production au nom duquel les sociétés étrangères opèrent en Mauritanie depuis plusieurs années ont expiré depuis décembre 2009.
Dans le même ordre d’idées, des députés se préparaient à même interpeller le nouveau ministre du Pétrole et de l’Energie, Wane Ibrahima, sur cette affaire à relents de scandales, s’il s’avère que la société Malaisienne Petronas travaille actuellement dans une sorte d’illégalité tacite non dénoncée par le gouvernement ! La réponse que donnerait le ministre à cette question, devrait fixer l’opinion publique nationale sur les dessous de cette affaire qu’il faut lier peut-être aussi avec la récente visite effectuée par le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, au ministère du Pétrole et de l’Energie, ainsi qu’au mutisme officiel qui entoure l’exploitation du pétrole en Mauritanie.
Faut-il rappeler que c’est l’ancien ministre du Pétrole et de l’Energie du gouvernement de la Transition 2005-2007 qui, le premier, a jeté ce pavé dans la mare du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. Il avait dit de manière explicite qu’il existe des Contrats de Partage de Production pétrolière (CPP) dont les durées de validité avaient expiré depuis 2008 et 2009. Et le ministre de citer, à titre d’exemples, les CPP relatifs aux zones A (blocs 3, 4 et 5) et B (blocs 4 et 5 en eau profonde) de l’off-shore. Ces contrats avaient des durées de trois ans renouvelables deux fois et à chaque renouvellement, le contractant cède à l’Etat 25% des superficies qui lui étaient confiées.
A la fin de la troisième période, il est censé céder à l’Etat toutes les superficies d’origine, exception faite de celle faisant l’objet d’un permis d’exploitation (dans le cas d’espèce un seul existe en Mauritanie sur la découverte de Chinguetti). Le contrat sur la zone A aurait expiré définitivement le 31 juillet 2009 et celui sur la zone B le 20 juillet 2009.
La problématique soulevée par un tel constat, du point de vue, de cet ancien ministre, et de tous ceux qui lui emboîtent le pas aujourd’hui est : Sommes-nous donc véritablement en présence de contrats d’exploration qui n’ont plus de validité juridique ? Peut-on réellement dire qu’aucun lien juridique ne lie plus l’Etat aux compagnies qui, en toute logique devraient alors remettre à l’Etat les blocs en question pour que celui-ci les confie à d’autres explorateurs afin d’accélérer le rythme de connaissance du sous-sol et d’arriver donc à des découvertes ? On s’étonne, si une telle analyse s’appuie sur des arguments solides, que l’Etat ait appliqué la « juste » mesure à une société allemande travaillant avec le Groupe MAOA, dans l’exploration pour le phosphate de Bofal dans les régions du Gorgol et du Brakna et non pas à d’autres majors qui courent derrière le pétrole dans d’autres zones ou en tirent déjà un non négligeable profit !
Comme le lien juridique n’existe plus entre l’Etat et les compagnies pétrolières, ces dernières n’ont plus à honorer les payements des taxes et droits prévus par les contrats. L’Etat non plus ne peut plus justifier leur encaissement.
Alors des questions : Les compagnies de prospection continuent-elles à payer ces taxes et droits alors que les contrats les fixant ne sont plus en vigueur ? L’Etat continue-t-il à encaisser ces montants prévus par aucun texte ? Qu’est ce qui peut justifier une telle situation ?
Amadou Diaara / www.le-renovateur.com
La bataille de l’ASECNA a commencé !
La candidature du mauritanien Mohamed Khaled Ould Sidiya au poste de directeur général de l’Asecna commence à prendre du plomb dans les ailes. De par sa formation, son cursus et son expérience le candidat mauritanien a le profil idéal pour occuper le poste mais l’absence d’une diplomatie volontariste et percutante pourrait lui faire défaut.
Il faut dire que l’ASECNA ces derniers temps traverse une des phases les plus difficiles depuis sa création. Outil par excellence d’intégration entre différents pays africains, cette structure est confrontée à une bataille de succession sur fonds de rivalités politiques.
Pourtant les règles qui régissent son fonctionnement sont très claires, le directeur général de l’ASECNA est élu pour un mandat de 6 ans non renouvelable. Donc le mandat de Mahamat Youssouf arrive à son terme et le fait qu’il essaye de se cramponner à son fauteuil est une atteinte grave aux textes fondamentaux de l’organisme inter étatique.
Alors qu’il était en pole position et après deux tours de piste, le candidat mauritanien semble perdre du terrain. En effet l’obstination de Dakar à mettre coûte que coûte l’ancien directeur général a fini par l'obliger à jeter l’éponge. Mais ce faisant il suscité de nouveaux appétits sous forme de nouvelles candidatures, dont celle d’un candidat malien enhardi par la mini crise entre Bamako et nouakchott. Le Sénégal n’a pas tardé à faire sienne cette candidature. Désormais le Sénégal et le Mali semblent jouer en tandem pour l’élection du candidat de Bamako, Amadou Ousmane Guittèye, actuel directeur général de l'OACI (Organisation internationale de l'aviation civile).
Pour mieux tisser la toile, le ministre malien, Diané Séméga, a rencontré son homologue sénégalais Karim Wade pour mettre sur la touche les deux autres candidats que sont Mohamed Khaled Ould Sidya et le Togolais, Christian Foly. Et avant Décembre où les 18 pays membres devraient se réunir pour se choisir un nouveau directeur général, l’espace francophone arrive en ordre dispersé avec trois candidats.
Le Tchadien, Mahamat Youssouf, malgré le soutien tardif de Idris Déby qui le considère comme un proche de la rébellion, et dont le mandat arrive à terme en décembre 2010 aurait renoncé à se présenter pour un nouveau mandat.
Pour rappel, au mois de décembre 2007, le Sénégal avait informé officiellement la Direction générale de l'Asecna, de son intention de quitter l'organisation panafricaine et lui a même notifié un préavis de 6 mois conformément aux textes en vigueur. Le Congo et Madagascar avaient commencé à emboîter le pas au Sénégal, créant du coup une véritable crise au sein de l'agence de sécurité et de navigation aérienne (ASECNA).
Cependant, vu l'approche du sommet de l'OCI et dans le souci de parer à toute perturbation de l'intense trafic aérien attendu, le Sénégal sursoit à sa décision. Il n'est plus question de quitter l'Asecna mais plutôt de reprendre la gestion commerciale de ses aéroports à la fin du préavis.
Ainsi, depuis le mois de mai dernier, le Sénégal a repris la gestion de ses aéroports notamment celui de Dakar qui connaît un important trafic aérien.
La représentation sénégalaise de l'Asecna a été supprimée et remplacée en lieu et place par une nouvelle agence dénommée (ADS : Agence des Aéroports du Sénégal). L'Administrateur Délégué de l'Asecna au Sénégal a été nommé au poste de Directeur général de la nouvelle agence qui a repris l'ensemble du personnel.
Et aussitôt le préavis arrivé à échéance, le Sénégal commencé à encaisser directement l'intégralité des recettes générées par ses aéroports. Cela se faisait évidemment en violation des textes car l'Asecna continue tout de même d'assurer sa fonction principale à savoir le guidage et l'assistance des avions au sol. D’où l’application de la fameuse clé de répartition des recettes que le Sénégal refuse farouchement.
Bien sûr le grand perdant dans cette histoire a toujours été la Mauritanie. Doté de l’espace aérien le plus vaste, notre pays engendre la plus grande partie des recettes de l’Asecna et ce n’est que depuis quelques mois que nous avons notre propre centre de contrôle aérien. C’est dire que le fait d’avoir enfin le poste de directeur général n’est qu’un juste retour des choses. Les autres pays ont bien des bâtiments imposants, des infrastructures et aéroportuaires, des équipements techniques et de sécurité pour tous leur aérodromes et des fonctionnaires innombrables alors pourquoi ne pourrions nous pas avoir enfin un directeur général ?Bouna Cherif/www.quotidien-nouakchott.com
CCM/DSC : Enigmatique patrouilleur à 10.180.000 euros
Mercredi 02 juin 2010, la Commission Centrale des Marchés, réunie en session ordinaire, sous la présidence de Monsieur Sy Adama Mamadou a examiné la lettre n° 363/MPEM/SG du 31/05/2010, demandant l’approbation d’un projet de marché relatif à l’acquisition d’un patrouilleur de haute mer. La Commission, après examen du projet de marché, a approuvé celui-ci, pour un montant de 10.180.000 euros.
L’énormité du montant n’a semble-t-il pas piqué outre mesure la curiosité des membres et conseillers de la CCM. (Commission centrale des marchés). Pourtant il s’agit d’un des marchés les plus importants qui passent entre leurs mains.
Nous avons essayé de savoir ce qu’il en est et nous n’avons trouvé qu’un appel d’offre lancé en 2008 par la Délégation à la Surveillance des Pêches et au Contrôle en Mer (DSPCM) qui planifiait l'achat d'un patrouilleur de haute mer de 65 mètres doté d'une plage arrière pour recevoir un hélicoptère. Et depuis cette résolution est restée lettre morte.
Sans savoir le prix d’un Patrouilleur, nous avons essayé de voir ce que d’autre pays ont acheté et à quel prix et quelle ne fut notre surprise de découvrir que l’Algérie a acheté pour 130 millions d'euros 20 patrouilleurs en haute mer auprès du groupe français, le Koweït les a payés 85 millions d'euros pour 10. Soit un prix unitaire pour l'Algérie de 6,5 millions d'euros et pour le Koweït de 8,5 millions d'euros.
Plus récemment encore, la France a passé commande de deux navires patrouilleurs garde-côtes de 40 mètres destinés à la surveillance maritime des côtes françaises.
Cette commande a été notifiée par la direction générale des douanes et droits indirects à la société Socarenam de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), à la suite d'un appel d'offres européen. Le montant du marché s'élève à près de 17 millions d'euros TTC soit 8,5 pour l’un et il faut le noter ce prix comprend l’armement livré par Thales.
Mais alors la Mauritanie, dont les ressources n’ont rien à voir avec le Koweit, l’Algérie ou la France se permet-elle d’acheter un patrouilleur deux millions d’euros plus cher qu’eux. C’est assurément une énigme à laquelle seule la DSPCM ou la CCM peuvent répondre.
Bouna Cherif / Le Quotidien de Nouakchott
Pétrole: Menaces sur Petronas
La récente visite du président de la République au ministère du Pétrole continue de provoquer beaucoup de commentaires. Contrairement à ce qui a été diffusé par les medias publics au sujet de ce déplacement, il ne peut pas avoir pour objectif de voir de près le déroulement du travail dans ce département. Il semble que les propos de l’ancien ministre du pétrole pendant la transition avaient donné de nouvelles idées aux autorités par rapport à la gestion de ce secteur, particulièrement en ce qui concerne l’expiration depuis juin de l’année de la validité des permis d’exploitation de certains blocs où on avait déjà découvert du gaz ou du pétrole. Selon des spécialistes en la matière, les entreprises pétrolières n’ont jamais, comme l’exige la loi, fait la demande de renouvellement de permis.
Elles seraient seulement limitées à continuer de verser les redevances comme si de rien n’était. Certains observateurs les accusent même d’avoir payé cher pour des cadres le silence du gouvernement. Difficile de se prononcer sur cela. Toujours est-il que le président Aziz aurait décidé, en application de la loi, de retirer les permis d’exploitation de certains champs accordés à Petronas afin de les céder, de gré à gré, à la société française : Gaz de France. Cette dernière lorgnait depuis longtemps le pétrole et le gaz mauritaniens et avait déjà signé un mémorandum d’entente avec l’un des précédents gouvernements mauritaniens.
Si cela se réalise, c‘est à dire que la société malaisienne Petronas qui exploite à perte le champ de Chinguitti sera poussé à la sortie à la faveur d’une entreprise d’un pays ‘’ami’’. Un bouleversement qui risque bien de se produire dans ce secteur objet de toutes les convoitises internationales et qui provoque généralement en Afrique tous les problèmes du monde qui vont de l’instabilité aux coups d’état et même aux guerres civiles. Que Dieu nous protège.www.rmibiladi.com
Affaire du Patrouilleur de la DSPCM :Un marché qui continue à faire des vagues
Encore une fois, pourrait-on dire, le DSPCM utilise le site « officiel ! » de la DSPCM (délégation à la surveillance maritime et au contrôle en mer) pour réagir à un article du QDN.
Au-delà du procédé peu habituel, utilisé par cette Administration pour faire valoir son droit légitime à l’insertion d’une réponse, nous ne commenterons que les faits et rien que les faits.
Mais nous voulons tout d’abord vous faire lire la réaction de la DSPCM.
Réaction
« Décidément, vous tenez à mêler la DSPCM à toutes les magouilles, même pour un marché accordé par l'honorable CCM. Une vraie obsession ! Je vous félicite quand même pour les données d’une précision effarante sur les prix des marchés extérieurs : France, Koweït et Algérie ! Seulement, permettez-moi, - à supposer que vos chiffres soient vrais et vos sources fiables-, que vous comparez l’incomparable : l’achat en gros et l’achat en détail, un patrouilleur de 40 mètres (France) et 60 mètres (RIM) ?), s’agit-il d’un appel d’offre restreint ou international?, n’y a-t-il une subvention pour le chantier(…) ? etc.
Sachez par exemple, que la DSPCM a acheté un «patrouilleur » en Allemagne à 1.500.000 euros ! C’est vous dire…
Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi vous vous êtes limité annoncer le prix du patrouilleur retenu par la CCM en occultant les autres offres dont pourtant au moins quatre sont européennes ? Connaissant votre efficacité je suis sur que vous auriez pu les avoir. Ces offres parvenues à l’issue d’un appel d’offre international sont comme suit :
ASTILLOROS ZAMAKOVA S.A (Prix de Base) : 16.934.000 €
ASTILLOROS ARMON, SA (Prix de Base): 16 .930.000 €
FRANCISCO CARDAMA, SA (Prix de Base) : 12.560.000 €
SENCORA : 16.300.000 €
CSTC : 10.180.000 €
RAIDCOMARINE : 26.000.000 €
Je vous tire quand même mon chapeau, car il faut être un dur à cuire pour boucler un journal chaque jour ! Je comprends la torture que vous impose la recherche des scoops, tous les jours qu’Allah fait, mais si vous tenez à nous attaquer vaille que vaille, essayez plutôt les articles sans chiffres. Vous verrez, c’est plus facile.
Cordialement
Le DSPCM »
Commentaire (réaction) du QDN
Tout aussi, sinon plus cordialement, sachez monsieur le DSPCM que nous ne tenons pas le moins du monde et à fortiori vaille que vaille à vous « attaquer. » Tout comme nous ne voyons pas pourquoi vous appelez attaque quand un journaliste après des recherches plutôt laborieuse trouve que son pays a acheté un bateau « trop » cher. Vous nous conseillez, et soyez en remercié, d’essayer les articles sans chiffres. Si les chiffres vous dérangent à ce point nous allons essayez d’en user avec parcimonie.
Tout d’abord, vous nous assenez la liste des autres offres en croyant faire une démonstration qui va nous clouer le bec, mais attention à l’effet boomerang ou le retour de manivelle ou appelez le comme vous voulez.
En effet, en scrutant avec un peu d’attentions ces offres financières, on se rend compte qu’il s’agit tout simplement de faire valoir, c’est adire des entreprises qui, pour celle d’entre elles qui en sont vraiment, sont tout juste capable de réparer des barques ou pour la turque spécialisée dans la construction des bateaux de plaisance et les yachts mais certainement pas les bâtiments de guerre comme les patrouilleurs de haute mer.
Mais si vous le permettez voyons ces offres en détail. La première chose qui frappe, c’est la disparité des offres entre les 10 millions de la CSTC et les 26 millions de RAIDCOMARINE, il y en a pour plus du double, or vous le savez sans doute mieux que nous, une telle disparité est impossible dans un marché de fourniture et non de travaux. Mais passons aux autres.
- ASTILLOROS ZAMAKOVA S.A n’existe pas admettons que vous vouliez parler de ASTILLOROS ZAMAKONA S.A (http://www.astilleroszamakona.com/) ce n’est certainement pas cette petite unité de réparation navale basée à Vizcaya et Gran Canaria qui construira un patrouilleur de haute mer.
- ASTILLOROS ARMON, SA http://fis.com/armon/ cette société qui n’a pas de site Internet est tout juste répertoriée par un annuaire de business espagnole donc libre à vous de la considérer comme entreprise EUROPEENNE qualifiée pour postuler à ce genre de marché. Et passons sur le fait qu’entre les offres de ces deux entreprises il y a une différence de 4000 euros seulement
- FRANCISCO CARDAMA, SA, autre chantier naval espagnol situé à Vigo mais dont l’un des plus gros marché est la construction en 2008 d’un remorqueur de 24 mètres pour l’Angola.
- RAIDCOMARINE : c’est sans doute la seule entreprise qui ait l’envergure financière et la capacité technique pour honorer un tel marché mais à en croire son catalogue cette entreprise française construit surtout des vedettes rapides.
- CSTC : La China Shipbuilding Trading Co., Ltd. Est une entreprise chinoise fondée en 1982 mais qui a déjà une solide expérience en constructions navales mais les règles d’une saine concurrence ont-elles été respectées pour la sélectionner ?
Enfin nous ne pouvons terminer sans souligner « l’argument » que vous nous assenez pour expliquer l’achat par le Koweït et par l’Algérie de bâtiments de la même catégorie moins cher, a savoir le prix du gros et du détail. Vous croyez vraiment que dans ce type de marché il y a des marges de l’ordre de quatre millions de dollars ? Ici vous ne mettez pas seulement en doute nos connaissances mais notre perspicacité et notre bon sens.
Mais si cela vous intéresse sachez que le Yemen a acquis 10 patrouilleurs, conçus pour les plus hautes normes commerciales et utilisant les dernières techniques de construction, et l'utilisation de matériaux éprouvés pour US$55 million. Y compris des pièces de rechange et la formation pour 60 personnes. Mais nous sommes sûres que vous pouvez avoir toutes ces informations et même plus.
Pour finir nous ne pouvons qu’à notre tour, vous tirer nos chapeaux. Avec vos multiples occupations : lutte contre la pêche illégale, lutte contre l’émigration clandestine, surveillance de côtes, monitoring environnemental (même pour de fausses alertes), contrôle des usines à terre, distribution gratuite de poissons, ouverture de poissonnerie et nous en oublions sans doute, vous trouvez encore le temps de répondre, tel Lucky Luke qui tire plus vite que son ombre, à tout ce que dit ou écrit la presse. Sachez que ce n’est nullement un reproche que nous vous faisons, nous trouvons même que c’est un procédé civilisé pour faire valoir son point de vue et nous vous en sommes grès mais prenez garde ! À force d’en user on risque d’être pris à son propre piège. Alors sans rancune !
PS : Nous avons comme vous l’imaginez, écrit à ces différentes sociétés pour leur demander si à leur connaissance elles ont participé à un appel d’offre en Mauritanie. Nous n’avons pas encore reçus de réponses, mais comme nous, vous devinez aisément ce qu’il en sera mais soyez sûr que dès qu’elles nous parviendront nous vous les ferons partager. MSS/ Directeur Publication le Quotidien de Nouakchott
Mauritanie : le taux de chômage s’établit à 32% (officiel)
Le taux de chômage en Mauritanie a atteint 32% en 2009, pour revenir à 31,2% en 2010, a indiqué, lundi à Nouakchott, le député Yaghoub Ould Moïne (opposition), citant un rapport du gouvernement.
Cela signifie que 414 648 Mauritaniens, pour la plupart des jeunes, sont sans emplois, a déclaré le député qui intervenait en séance plénière de l’Assemblée nationale, en présence du ministre de l’Emploi.
Il a rappelé que le taux de chômage était "seulement de 9,7% en 1977".
Le député Ould Moine a indiqué que le secteur informel emploie 85% de la main d’oeuvre active, ce qui avoisine le nombre 914 352, dont 777 000 sont sans contrats de travail, sans protection sociale, ni droit à la retraite.
En outre, le député a fait ressortir que les non permanents dans le secteur public représentent 12 000 employés.
Il a affirmé que le secteur privé, "le seul capable de générer des opportunités d’emplois", demeure pour le moment en retrait par rapport à la politique de l’emploi dans le pays, en raison de l’absence d’une "inspection permanente du travail et l’application de la législation du travail".
"Les secteurs du bâtiment, du transport, de la santé et du commerce, peuvent, une fois réorganisés, absorber la main d’oeuvre nationale et permettre l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement en matière d’emploi à l’orée de 2015", a conclu le député. africascoop.net via (Xinhua)
L’inventaire des gisements des matières premières de la Mauritanie
Quand nous interprétons les photos satellites de la Mauritanie, nous constatons que ce pays est composé de quatre régions géologiques.
1) La Dorsale Reguibat a un socle qui contient d’importants gites des granites. Cette zone minière, qui couvre la région nord de la Mauritanie, à un socle géologique qui est constitué de roches métamorphiques et de granites qui contiennent des quartzites ferrugineux, des micaschistes, des gneiss et des amphibolites.
La Koudiat d’Idjil est le relief le plus important de la Mauritanie, il culmine à plus de 600 mètres de hauteur. Il contient des brèches de quartzites ferrugineux qui contiennent des minerais de fer d’une qualité exceptionnelle, dont la teneur à plus de 30 à 45% de concentration est constituée de 60 à 70% de métal, et environ deux grammes d’or par tonne.
Fait rare au monde : le survol de cette zone minière est interdit à l’aviation parce que la concentration des minerais de fer peut dérégler les boussoles et le système de navigation. Même les capteurs des satellites ressentent une perturbation due à la puissance spectrale de la concentration des minerais de fer qui sont contenus dans ces gisements à très haute valeur marchande !
Photos satellites de la Dorsale Reguibat Produits inventoriés par la télédétection satellitaire
Partie orientale de la Dorsale Reguibat Or Cuivre Etain Plomb Zinc
Kedia Idjil Fer Hématite
Tiris Magnétite
Gara Bouya Ali Goethite
Sfariat-Zednes Magnétite
Tourassin Anéinat Etain
Gallamane Sebkhas Cuivre Or Chrome
Tasiat Or Fer Nickel Lithium Béryllium Tantale
Amsaga Chromite Diamant
2) Le bassin de Taoudenni est une zone minière qui représente le 2/3 du craton de l’Afrique de l’Ouest. Son socle contient d’importants gites des roches sédimentaires.
Photos satellites du bassin de la Taoudéni Produits inventoriés par la télédétection satellitaire
Chegga Cuivre Grès ferrugineux
Akka Danach Hématite Schiste sableux
Bathat ergil Phosphates Grès ferrugineux
3) Le bassin sédimentaire côtier atlantique a un socle qui contient d’importants gites de roches sédimentaires. L’interprétation des 16 000 scènes de photos satellites d’une surface couverte de 60 km x 60 km, qui couvrent les 1 030 700 km2 de superficie de la Mauritanie, captent, d’une part, des gisements parmi les plus grands du monde des minerais suivants : fer, cuivre, titane, et zircon. Et d’autre part, du pétrole, de la pétrochimie et de gaz naturel, qui marque le début de la zone pétrolifère du Golfe de Guinée, qui prend racine tout au long des côtes mauritaniennes et s’étend jusqu’à la Namibie.
Cette région pétrolifère et gazifière offshore d’Afrique représente des enjeux stratégiques tels, que les Etats-Unis ont adopté une loi qui considère cette partie du monde comme faisant partie de sa sécurité intérieure !
Photos satellites du bassin sédimentaire de la côte Atlantique Produits inventoriés par télédétection satellitaire
Côte Atlantique Phosphate Ilménite Gypse Sel gemme
Kaedi Aleg Boghe Dolomies Phosphates calcaires
Aftout Saheli Sel gemme
Nord de Nouakchott Gypse
Guelb Moghrein Cuivre Or
4)La Chaîne des Mauritanides s’étend sur plus de 2500 km, englobant une partie du Sénégal, puis traversant une grande partie de la Mauritanie en s’allongeant jusqu’au sud du Maroc. Le socle de cette zone transfrontalière est dominé par des roches sédimentaires, des roches volcaniques et des roches métamorphiques.
Photos satellites de la Chaîne des Mauritanides Produits inventoriés par la télédétection satellitaire
Guelb Moghrein Or Cuivre
Kadir Cuivre Magnésium
Guidimaka Chromite
Bou Naga Thorium Lithium Alcaline
Chaîne des Mauritanides Or Cuivre Terres rares Chrome
Répartition, par région, des gisements prouvés et développés des matières premières de la Mauritanie :
Interprétation des photos satellites des zones minières où sont inventoriés des gisements prouvés et développés de la Mauritanie Localisation des gisements prouvés et développés de la Mauritanie par la télédétection satellitaire Quantité des produits inventoriés par la télédétection satellitaire
1. Argent Zones éparpillées N.C.
2. Acier Zones éparpillées 1 065 000 tonnes/an
3. Acide sulfurique Zones éparpillées 400 000 tonnes métrique
4. Calcaire Zones éparpillées 1 065 000 tonnes/an
5. Ciment Nouakchott 600 000 tonnes/an
6. Cuivre Guelb Moghrein 30 millions de tonnes
7. Diamant Akjoujt N.C.
8. Fer Akjoujt Zouerate Koudiat d’Idjil Rouessa Tazadit 7 milliards de tonnes 250 000 mètres carrés
9. Gypse Akjoujt Sebkha N’dramcha 500 millions de tonnes
10. Or Akjoujt 2.600 kilogramme
11. Phosphates Zones éparpillées N.C.
12. Pétrole Frange côtière de Crétacé et Golf de Guinée 120 millions de barils
13. Sel N’terert and d’Idjill 160 millions de tonnes métrique
14. Tin Zones éparpillées N.C.
15. Uranium Bir Moghrein N.C.
Les gisements prouvés et non développés des matières premières de la Mauritanie :
1. Arsenic
2. Amiante
3. Argent
4. Acier
5. Acide sulfurique
6. Azurite
7. Atacamite
8. Barite
9. Béryllium
10. Calcaire
11. Ciment
12. Chrome
13. Cuivre
14. Chalcopyrite
15. Chrysocolle
16. Diamant
17. Fluorite
18. Fer
19. Gypse
20. Hématite
21. Kaolin
22. Magnétite
|
23. Malachite
24. Marbre
25. Manganèse
26. Molybdène
27. Nickel
28. Oxyde vert
29. Or
30. Phosphates
31. Petrol
32. Plomb
33. Strontium
34. Sulfur
35. Schistes bitumeux
36. Sel
37. Tungstène
38. Terres rares
39. Tourbe
40. Tin
41. Thorium
42. Titane
43. Uranium
44. Zinc |
Evaluation financière des gisements des matières premières de la Mauritanie
Sur cette base, l’évaluation de la valeur financière des stocks des matières premières des gisements prouvés et développés et des gisements prouvés et non développés de la Mauritanie est estimée à 900 milliards de dollars.
120 milliards pour construire la Mauritanie moderne
Selon les évaluations du bureau d’ingénieur-conseil Africommodities, la Mauritanie a besoin de 120 milliards $ pour se doter des infrastructures de base modernes, similaires à ce que l’on trouve dans les pays industrialisés (transports, télécommunications, éducation, sanitaire…). David Beylard, Genève /www.lesafriques.com
Les chinois en Mauritanie : Quoi après l’informel ?
Les commerces de Nouakchott foisonnent de tous les produits. Mais ceux venant de Chine et de Taïwan dominent aujourd’hui. Ils sont les plus décriés. Mais ils ont fini par s’imposer dans le commerce de l’informel à tout coin de rue à Nouakchott. Mais ce petit commerce, n’est-t-il que la face visible de l’iceberg des grandes intentions chinoises à l’égard de la Mauritanie ?
Marché de la capitale, il est 10 heures ce dimanche 6 juin 2010. Toutes les rues avoisinantes le grand, vieux et premier « Souks » de la ville, sont saturées de marchands en tout genre. Ici, dès les premières heures de la journée, des centaines de petits commerçants et de vendeurs à la sauvette s’emparent des trottoirs et du moindre espace pour exposer leurs marchandises. De sorte que certaines ruelles finissent parfois même par être fermées à la circulation pour permettre une fluidité du trafic automobile dans la zone. Inutile de dire que, dans ce pays où le taux de chômage est en constante hausse (35 % de la population active selon les statistiques officielles), tout le monde s’improvise marchand. Dans ce bazar à ciel ouvert, on trouve évidemment de tout (chaussures, ustensiles de cuisine en plastiques ou en aluminium, montres, piles électroniques, chargeurs électriques, radio cassettes, lecteurs de cassettes de tous calibres, bijoux etc). Toute cette camelote est proposée à des prix défiant toute concurrence par les vendeurs à la sauvette qui écument le marché.
Pour autant, peut-on parler de séisme économique au détriment des grands opérateurs économiques de la place qui avaient l’habitude d’importer leurs produits de grande qualité d’Europe ? La réponse serait affirmative car, selon eux, depuis l’intrusion des produits made in China et in Taïwan dans le pays, les affaires sont moins bonnes et la concurrence rude. Que ce soit dans le prêt-à-porter, l’électroménager ou les pièces détachées, les vendeurs de cette camelote chinoise seraient à l’origine de ce séisme économique à Nouakchott. Ahmed Salem et son frère tiennent une boutique de pièces détachées au Ksar, non loin de la gare routière. Amer, le commerçant lance : « là où ils installent leur « Wagaav » mauritaniens généralement, les prix sont cassés sans états d’âme, mettant ainsi leurs concurrents mauritaniens dans l’obligation de changer d’activité ou de mettre la clé sous la porte. A l’en croire, il n’est presque plus possible de continuer à travailler dans ces conditions. Non seulement, déplore t-il, tous les magasins de pièces détachées environnantes vendent de la camelote chinoise, mais ils commencent maintenant à leur souffler leurs clients. Et de s’interroger par la suite : « Comment voulez-vous alors concurrencer leurs produits contrefaits à deux sous ? Tout le monde sait que leurs articles sont de mauvaise qualité, mais le paradoxe c’est que tout le monde les achète !», fulmine t-il.
La Chine n’a pas tout dit de ses intentions
Ce petit commerce de rue qui commence à agacer les commerces de produit de grande qualité, n’est que la partie visible de l’iceberg des intentions chinoises en Mauritanie et dans le continent noir en général. A Nouakchott, partout dans les rues de la capitale, il n’est pas rare de voir des chinois et chinoises entretenant des commerces. Ils sont dans la réparation des portables et d’autres petits gadgets luxueux, la vente de thé, de produits cosmétiques et même des médicaments. En fait en Mauritanie, ils commencent peu à peu à s’installer, créant du coup un vent de panique parmi les grands opérateurs du BTP et les concessionnaires spécialisés dans la vente de voitures américaines et européennes. Mais, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays du continent, les entreprises chinoises ne sont pas encore en position de monopole chez nous. Il n’empêche que la remarque ne veut pas dire que Pékin n’a pas d’ambition en Mauritanie. Et pour cause, le chef du gouvernement chinois, M.Wen Jiabao, n’avait pas manqué de révéler le 8 novembre 2009, lors du 4e forum sino-africain à Charm El Cheikh en Egypte, la feuille de route de la coopération entre Pékin et le continent, qui court jusqu’en 2012. Il promettait d’accorder 10 milliards de dollars de prêts aux africains au cours des trois prochaines années. Par cette promesse, la Chine démontrait une nouvelle fois l’importance économique et stratégique du continent à ses yeux. Outre le déblocage de prêts à des conditions avantageuses, Pékin a promis d’ouvrir le marché chinois à davantage de produits africains, de baisser les droits de douane et d’aider l’Afrique à faire face aux difficultés provoquées par le changement climatique. La dette de certains pays africains les plus pauvres sera aussi annulée. Actuellement, il y a plus de 900 entreprises chinoises implantées en Afrique. Ainsi, pour ce qui concerne la Mauritanie, il n’est pas faux de dire que les Chinois ne sont encore qu’au stade de la prospection. Les principaux leviers de l’économie sont détenus encore par des sociétés européennes, en particulier françaises, et par de richissimes hommes d’affaires mauritaniens. Moussa Diop/ quotidien-nouakchott.com
Uranium: mariage mauritano-marocain
La Compagnie minière de Touissit (CMT), filiale de d’Osead Maroc Mining (OMM), vient de créer une filiale en Mauritanie pour l’exploration et l’exploitation de mines d’uranium.
Cette filiale a été créée avec l’opérateur mauritanien, le groupe Azizi. Il s’agit de l’opérateur qui détient le plus grand nombre de permis d’exploration minière (uranium, fer, or…) dans le pays. La Mauritanie dispose, rappelons-le, des plus importants gisements d’uranium au monde! «Nous sommes ravis de cette collaboration avec le groupe Azizi, opérateur mauritanien reconnu à l’échelle internationale, qui va nous permettre de renforcer nos activités de recherche minière en Mauritanie. Le potentiel uranifère du pays reste sous-exploré et les résultats de nos premiers travaux sont très encourageants», souligne Jean-François Fourt, président d’Osead.
Créée en 2006, la société minière Osead s’est orientée vers l’exploration et l’extraction de matières premières minérales (plomb, zinc, cuivre, uranium…). Par ailleurs, elle a développé une technologie «unique» d’extraction des hydrocarbures, des schistes et sables bitumineux. Technologie qui permet une économie d’énergie tout en préservant l’environnement. Selon la société minière Osead, l’avantage d’un partenariat avec le groupe mauritanien tient au fait que l’opérateur Azizi a opté pour une politique de diversification (mines, logistique, BTP, transit et consignation…).
Un appui stratégique qui offre la possibilité de faire jouer des synergies dans des domaines assez différents mais complémentaires. Outre la Mauritanie, Osead mène des recherches minières en Côte d’Ivoire et a des projets d’exploration en Algérie. Osead produit près de 28.000 tonnes de concentré de plomb/argent et quelque 5.000 tonnes de concentré de zinc à travers sa filiale CMT.
A noter que CMT opère aujourd’hui sur les branches zinc, plomb, les métaux précieux et le cuivre. Le plus gros de la production en tonnage est réalisé par le plomb. La demande de plomb devrait s’afficher à 8,7 et 9 millions de tonnes respectivement en 2010 et 2011.
Le plan stratégique de la société prévoit le développement de l’activité sur le continent africain. En plus de la filiale mauritanienne, d’autres acquisitions de sociétés minières sont à l’étude notamment en Côte d’Ivoire pour l’or et au Burkina Faso pour le zinc.
«Nous envisageons l’acquisition de sociétés opérationnelles, qui ont déjà des gisements exploitables, ainsi que des ressources bien identifiées», avait précisé le management de CMT. L’Economiste via mauritanies1.com
Route Akjoujt - Nouakchott : MCM interprète à sa manière la convention
Le 15 Mai dernier, Mohamed Abdallahi Ould Oudaa, ministre de l'industrie et des mines en compagnie de son collègue ministre de l'équipement et des transports a supervisé le démarrage des travaux de réfection de 60 kilomètres de la route reliant Akjoujt à Nouakchott.
Lors de la cérémonie organisée au PK 150, lieu d’où doivent commencer les travaux, le directeur des infrastructures de transport a fait un exposé surréaliste pour expliquer les différents volets du projet, son exécution et les procédures suivies pour achever les travaux dans les meilleures conditions.
Se drapant comme à son habitude dans les habits d’avocat infatigable des sociétés minières, le ministre de l'industrie et des mines a précisé dans le mot qu’il a prononcé pour la circonstance, que la réalisation de cette route par la société "Mines de Cuivre de Mauritanie" (MCM), va créer 140 emplois.
Il faut souligner que la réhabilitation de la route Nouakchott - Akjoujt est une disposition de la convention d'établissement signée le 22 février 2009 entre la Mauritanie et MCM. Alors que dans la première convention il y avait une contrepartie financière qui était versée à l’ATTM. Seulement lors de sa visite à Akjoujt Mohamed Ould Abdel Aziz s’était montré particulièrement scandalisé par les réfections faites par ATTM. Il avait donc demandé au Ministre des Mines de remplacer la contrepartie financière par une réhabilitation au fur et à mesure. Ainsi donc la MCM s’était engagé à réhabiliter 30 kilomètres par an. Mais dans le jargon des BTP, les termes, réhabilitation et réfection ne veulent pas dire la même chose. Et lorsque la MCM avait proposé sa solution technique l’année dernière, le Ministère de l’Equipement avait refusé en disant qu’il fallait complètement réhabiliter la route.
Or aujourd’hui ce même ministère semble être revenu à de meilleurs sentiments à l’égard de MCM en acceptant ce qu’il avait refusé à savoir : Boucher les nids de poule et les fissures et ajouter un revêtement. Ni la couche de fonds et encore moins la couche de base ne seront touchés. Or ce sont ces dernières qui sont l’ossature d’une route, ce sont ces couches qui supportent le poids et on ne peut parler de réhabilitation d’une route si on ne les touche pas. Et ce n’est certainement pas les 50 Cm ajoutés des deux cotés qui vont y changer quoi que ça soit. Donc la MCM avec la complicité des départements concernés est entrain d’adopter la solution même qui avait provoqué l’ire de Ould Abdel Aziz.
Par ailleurs ce programme étalé sur sept mois comprend la réfection de 60 kilomètres de route, contrepartie de 2009 et 2010 et au rythme actuel il faudrait 9 ans pour réfectionner toute la route. C'est-à-dire qu’en 2020 la portion allant du PK 150 au PK 210 aura un age de Dix ans. Sera-t-elle encore là ? Si on ajoute à cela que l’actuelle convention arrive à expiration en 2015, n’est ce pas là encore, un marché de dupe ?
Le ministre Ould Oudaa a conclue son discours en disant que la convention d'établissement de la société a permis à l'Etat de disposer de plus de 36 millions de dollars américains pour les années 2010 et 2011 mais peut –ils nous dire combien a gagné la société rien que pour ces deux années pour pouvoir faire une comparaison.
Enfin, M. Merlin Thomas, directeur général de MCM a relevé que la société rend également de nombreux services essentiels aux populations d'Akjoujt dont des opportunités d'emplois et diverses prestations sociales. Il faut souligner que les grands bénéficiaires de l’emploi surtout en ce quoi concerne la route ce sont les tacherons qui’ en connivence avec la société pratiquent une sorte d’esclavage moderne. BC quotidien-nouakchott.com
Micro- finance: Beit el Maal le couteau à la gorge
Le projet Beit el Mal, une excroissance du programme Twize, vit depuis une semaine une situation des plus inconfortable et inquiétante. C'est en effet, tout le système d'information qui est bloqué paralysant du coup l'ensemble des activités de cette importante institution de micro finance.
Notons que Beit el Mal a été mis en place en 1998 avec le programme Twize. Ce programme financé et géré par l'Etat mauritanien a été confié au GRET. Ce dernier a mis en place plusieurs composantes dont Beit el Mal principalement pour l'octroi de crédit (habitat et AGR) dans les quartiers périphériques de Nouakchott et Nouadhibou.
Depuis la fin du programme Tiwze en 2008, Beil el Mal est en voie d'institutionnalisation. Aujourd'hui, Beit el Mal c'est une institution qui marche avec cinq agences dont quatre à Nouakchott et une à Nouadhibou. Objectif affiché pour l'année 2010: atteindre un milliard d'ouguiya d'octroi. Et pour plus de crédibilité envers les partenaires qui se bousculent, l'institution a décidé, il y a peu, de mettre en place un système d'information fiable.
C'est le fameux Lown Performer (LPF) qui est aujourd'hui bloqué et qui met en péril l'institution. Ce système venu de l'Ouganda a été introduit en 2008 avec l'agence pilote de Basra où des experts sénégalais l'ont installé au prix fort (10 millions d'ouguiyas, 150.000 UM par jour et par expert semble-t-il). Après la rupture de contrat avec les sénégalais, un cadre mauritanien formé pour la circonstance, est arrivé à finir le boulot en installant le système dans l'ensemble des agences.
Ce dernier avait travaillé gratuitement sans aucune contrepartie .Pourtant 25 millions d'ouguiyas étaient prévus pour cette prestation de service. C'est donc après la démission du responsable du service d'information (SIG) qui se plaint de ses conditions de travail et de son traitement que la machine s'est subitement arrêtée.
Des informations émanant de certains employés de l'institution font état d'une gestion opaque et personnalisée qui expliquerait les déboires que traverse Beit el Mal actuellement. Le trio DG, DAF, DO (Directeurs des opérations) est pointé du doigt. Se retrouvant avec des salaires dépassant les 300.000 UM sans compter les autres avantages, ils tiennent en laisse les autres employés qui sont contraints par ailleurs d'atteindre des objectifs ambitieux avec des moyens limités et des conditions de travail très difficiles.
Le gros de ces troupes se retrouve avec des salaires dépassant difficilement les 50.000 UM. Pourtant avec un taux d'intérêt exorbitant (24%), Bayt El Maal fait de bonnes affaires et c'est à se demander est-ce qu'il s'agit bien d'une institution au service des pauvres comme elle se proclame.
Cette paralysie ne serait donc que la face visible de l'iceberg. Derrière, c'est la boite à pandore. Quoiqu'il en soit, avec ce grave problème, les partenaires de Beit el Mal (AFD, Société Générale, GRET Paris, Investissements et Partenaires) risquent de se fâcher. C'est pourquoi, le ministère de l'Habitat qui représente la tutelle, ne doit pas rester les bras croisés face à un problème qui est en passe de mettre en péril l'existence d'une institution qui était vouée à bel avenir. B.G Nouakchott info
Visite du DG de l’ASECNA à Nouakchott: Qu’est-ce qui fait courir Mahamat ?
Dans notre édition N°1987 du lundi dernier, nous faisions cas de l’audience, accordée 24H plus tôt au palais présidentiel à Nouakchott, par le Président de la République, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, au directeur général de l’ASECNA, M. Yousouf Mahamat, non sans rappeler que le mandat de ce dernier expire le 31 décembre 2010 et que la Mauritanie est candidate à ce poste continental de directeur général de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), elle qui vient d’être élue, pour un mandat de six ans, à la présidence de la Zone Nord et à la Vice-présidence de la CAFAC, à l’issue de la XXIème session plénière de la Commission Africaine de l’Aviation Civile qui s’est déroulée du 11 au 13 Mai 2010 à N’Djamena (Tchad).
Une notoriété de la Mauritanie et une confiance au niveau de la communauté aéronautique mondiale qui sont des atouts non négligeables pour son candidat Mohamed Khaled Ould Sidiya et/ou pour tout candidat qu’elle viendrait à soutenir qu’il s’agisse d cette course pour diriger l’ASECNA ou pour le renouvellement du Conseil de l’OACI, sachant que l’aviation est un secteur stratégique.
C’est dire que cette visite du directeur général sortant de l’Agence ne saurait répondre uniquement aux «visites périodiques dans les pays membres en vue d’informer les autorités nationales de la situation générale de l’Agence, s’informer sur leurs aspirations et leurs attentes et écouter leurs conseils et leurs recommandations» qu’il se doit d’entreprendre. D’où l’intérêt de savoir qu’est-ce qui fait courir M. Youssouf Mahamat ?
Cela d’autant plus qu’en exprimant son désir de rester encore deux ans au-delà de sa période, plusieurs pays membres de l’ASECNA, dont le Sénégal, avaient menacé de quitter l’Agence «si jamais le mandat de l’actuel Directeur Général, le Tchadien Youssouf Mahamat est prolongé», estimant que sa candidature pour prolonger son mandat est «contraire aux engagements des Chefs d’Etat», lui qui a été nommé en juillet 2004 et qui «s’oppose systématiquement à l’audit que souhaitent mener certains pays sur l’ASECNA».
En campagne pour prolonger son mandat ?
L’on comprendra ainsi, que le directeur général de l’ASECNA aura beau faire l’historique de l’institution qu’il dirige et déclarer qu’il est venu en Mauritanie, qui est un pays fondateur de l’ASECNA mettre la politique de l’ASECNA au service de la sécurité de navigation aérienne dans le pays, soulignant que les espaces aériens mauritaniens et d’autres pays seront gérés à partir du centre de contrôle de l’ASECNA de Nouakchott, mais il ne fera aucun doute que le directeur général sortant n’a pas encore baissé les bras et n’a pas dit son dernier mot.
A-t-il oublié d’expliquer au Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, son conflit avec certains pays comme le Sénégal qui s’oppose farouchement à la prolongation de son mandat ? On peut en douter étant donné qu’il a avoué avoir informé le Chef de l’Etat de «la situation générale de l’Agence, notamment en ce qui concerne son personnel, ses services et ses infrastructures» alors que le conflit remonte à 2007 lorsque le Sénégal avait publié un communiqué pour dire qu’il quitte l’ASECNA, en ambitionnant de s’approprier la FIR océanique (la régie d’information de vol) qui, à elle seule constitue le 1/5ème des recettes de l’Agence, bien que le Cap-Vert, grâce à l’appui des espagnols et des brésiliens s’en soit attribué une partie. Pourtant la FIR ou «zone atlantique» n’appartient à aucun Etat, le Portugal l’ayant cédé dans les débuts du siècle dernier à la France laquelle l’a remise à l’ASECNA à sa création en 1959.
Vraisemblablement, ce sont ces deux ans (2007-2009) de conflit opposant le Sénégal et Madagascar à l’ASECNA que réclame aujourd’hui M. Youssouf Mahamat pour rattraper le temps et remplir son contrat convenablement.
Au-delà des apparences …
Pourtant le départ de M. Mahamat figurait parmi les engagements pris par les Chefs d’Etat et, «c’est seulement dans un souci d’apaisement qu’à la réunion du Comité des ministres de Ouagadougou en juillet 2009, il a été consenti de le laisser finir son mandat». Mieux, lors de sa réunion tenue les 11 et 12 janvier dernier au Burkina Faso qui assure la présidence tournante du Comité des Ministres de tutelle de l’Agence, il avait décidé de lancer un avis de vacance de poste, afin de pouvoir connaître le nom du futur directeur général de l’ASECNA à la prochaine session ordinaire suivante dudit Comité des Ministres prévue à Moroni (Comores) au début du mois de juillet 2010, l’archipel devant prendre à son tour cette présidence à cette date.
M. Youssouf Mahamat aurait-il trouvé chez les Comoriens un prétexte pour reporter cette réunion à Novembre prochain sous prétexte que les conditions politiques dans l’archipel ne prêteraient pas à la réunion de juillet, sachant qu’il ne pourrait faire de passation de service en l’espace d’un mois, son mandat arrivant à terme en décembre? Peut-être fort bien surtout quand on sait que la Convention de Libreville qui prévoit la réduction du mandat du directeur général de l’ASECNA de six (6) à quatre (4) ans, ne rentre en vigueur que si elle est signée par le tiers des pays membres (6 Etats) de l’Agence.
Le hic est que le Burkina Faso qui préside encore ce Comité des Ministres de tutelle de l’ASECNA a le pouvoir de convoquer une session extraordinaire début juillet pour traiter de cette question de renouvellement du Directeur général de l’ASECNA à laquelle sont candidats, entre autres, outre M. Mahamat, le Mauritanien Mohamed Khaled Ould Salem Sidiya, le Malien Amadou Ousmane Guitteye et le Togolais Christian Foly-Kossi, lesquels ont déjà déposé leurs dossiers. Par Mohamed Ould Khattatt, mmkhattatt@hotma/ www.ani.mr
Nouadhibou : Quand le fer devient plus nuisible que bénéfique
Selon des sources, généralement bien informées, le Procureur de la république sis dans la capitale économique a été limogé, hier dans l’après midi, par les autorités du département de la justice qui ont, par la même occasion, pourvu à son remplacement. Cette mesure serait étroitement liée à ce que l’on appelle, à Nouadhibou, l’affaire de la ferraille.
En effet, et toujours selon la même source, ce limogeage du procureur intervient au moment où des personnes sont détenues consécutivement à des plaintes déposées par la SNIM qui les soupçonne de vols de certains pans des rails de son chemin de fer.
La source précise que le Directeur Général de la société minière a déjà fait cas de cette situation à la Présidence de la République alors que la justice elle ne semblait pas prendre à cœur la gravité de la situation. C’est ainsi que, dans le cadre, d’une émission diffusée par la TVM, le procureur s’est permis de soutenir que les inculpés sont en train de trouver un compromis avec la société. Cette déclaration du procureur a été perçue, en haut lieu, comme une preuve de laxisme et un argument suffisant pour justifier son limogeage.
Quand aux membres du collectif des vendeurs de ferraille, ils auraient fait une manifestation devant la wilaya à l’effet de réclamer la libération de leurs collègues mis à l’arrêt en attendant l’instruction de leur affaire pendant que la SNIM réclamait l’inspection de plus de 40 gros lots de ferrailles entreposés au port dans l’attente de leur exportation. Après inspection des lots proposés à l’exportation par la gendarmerie les pans de rails de chemin de fer réclamés par la société minière n’y ont pas été trouvé. Aussi et dés lors que cette inspection n’a pas donné les résultats attendus, les ferrailleurs menacent de porter plainte contre la société pour les avoir accusé à tort. www.saharamedias.net
Transactions de la Scmp: Les japonais participent à la traçabilité des commissions perçues!
Les nouvelles lois du fisc du Japon, principal marché asiatique d’exportation du poisson mauritanien, se veulent plus exigeantes, depuis le 1er avril, en matière de transparence commerciales avec les pays tiers. De quoi susciter encore des interrogations sur les fameuses commissions perçues à l’extérieur qui ont toujours fait le bonheur de certains opérateurs et de certains responsables de la Smcp.
La mise en place de la Société mauritanienne de commercialisation de poissons, en 1984, a très certainement été l’un des acquis économiques les plus marquants dans l’histoire du secteur de la pêche. Mais l’objectif initial a été largement sabordé par des pratiques peu orthodoxes. Paradoxalement d’ailleurs, l’ouverture de son capital en 1995 aux promoteurs privés n’a fait que précipiter son rôle d’intermédiaire pour la confiner à une véritable tirelire dont tiraient profit, à de très rares exceptions, les responsables qui se sont succédés aux commandes.
Pire encore, la Smcp a fini par se résumer à une planque où les requins les plus voraces se retrouvaient le temps d’une «décade » pour s’arroger indûment des commissions au prix, parfois, d’un sabotage de la commercialisation. Cette pratique est à l’origine d’un enrichissement fabuleux et ostentatoire d’une poignée de personnes sans autre mérite que celui du népotisme.
La fin d’une époque
Tout le monde a encore en mémoire la plus grave crise traversée l’été 2008 par la Smcp à la faveur du scandale qui a suivi l’affaire MARR SPA contre la Smcp. Au centre de cette affaire rocambolesque qui laissera sur les bras de la Smcp la production de plusieurs mois, suivie de celle l’arrêt biologique, d’août et septembre de la même année, une spéculation naive occultant les conditions et capacités d’entreposage locales. Les japonais avaient été doublés sur ce marché allègrement accordé à un intermédiaire européen. Mais ce n’est assurément pas aujourd’hui, en dépit de la crise de confiance qui a entaché les relations entre la Smcp et les acheteurs japonais, la raison de la nouvelle exigence de transparence. Cette dernière émane plus du fisc japonais que des acheteurs eux-mêmes. Elle est déjà mise à l’expérience avec l’augmentation des prix de congélation qui permet aux usiniers et aux producteurs de se rattraper sur l’exigence de déclaration des prix. Une vérité des prix qui a l’avantage d’en faire la publicité et donc la déclaration. Cette nouvelle pratique se développe au moment où l’Etat annonce de bonne source vouloir reprendre la Scmp à son compte.
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Remonter l’origine des transactions
Longtemps confrontés aux problèmes de rapatriement des devises, lorsque les opérateurs arguaient de la nécessité d’en garder pour des besoins de commandes souvent fictives, en libéralisation le change, l’Etat a quelque peu contourné prérogative accordée il y a quelques années aux armateurs dont une grande majorité ont dépensé cet argent dans l’acquisition de villas cossues aux Iles Canaries, si ce n’est pour le dilapider dans les casinos. La réalité économique de la libéralisation du change a même servi ces opérateurs qui peuvent désormais vendre leurs devises aux banques primaires de la place à des taux incitatifs. En revanche, la transparence exigée par le fisc de leur pays et l’exemple de la crise de vente de 2008 confortent les acheteurs japonais de nouvelles garanties de respect des termes des contrats de cession des produits. Or, les acheteurs japonais qui ont dépêché des missions en Mauritanie attestent qu’aucun transfert –et notamment pour ce qui est des commissions perçues- ne pourrait plus se faire en dehors de comptes au nom de la Smcp ou de comptes de producteurs qu’elle attesterait. L’approche japonaise qui intervient à l’aube de la reprise en mains de la Smcp constitue une aubaine pour l’Etat qui pourrait attester de la qualité des produits et qui a promis, par le biais du premier Ministre, de faire participer les artisans au capital tout en leur assurant le financement d’un crédit à la production. JD www.quotidien-nopuakchott.com
Nouveau port minéralier: Le casse-tête chinois à la SNIM !
Irrespect des termes du DAO dans l'adjudication du marché de génie civil à une société chinoise pour un montant de plus de 72 millions d'euros, sans aucune expérience dans le domaine portuaire, prise de gros risques techniques, la pose de la première pierre de la construction du nouveau port minéralier de la SNIM a des relents de scandale économique. Les pratiques douteuses de clientélisme achèvent de donner à cette adjudication une forte teneur en suspicions en ces temps de lutte contre la prévarication.
Le 18 avril dernier, le Premier ministre, Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf procédait à Nouadhibou à la pose de la première pierre du nouveau port minéralier de la SNIM. Coût global annoncé:184 millions de dollars américains. Mais après les artifices de cette fête foraine, place à la gueule de bois. L'origine de cette suspicion est l'opacité et le peu d'orthodoxie qui ont entouré l'attribution du premier lot, dit marché de génie civil (voir fac-similé de l'avis d'appel d'offres). Le marché a été adjugé –une première dans l'histoire de la SNIM- à une société chinoise, SINOHYDRO.
En dépit de moult tentatives auprès de la SNIM pour trouver des explications, celle-ci est restée muette sur le sujet, aiguisant davantage la curiosité. Mais ce que l'entreprise tient pour «secret» n'est finalement, dans ses coulisses, qu'un secret de polichinelle. Et ce ne serait assurément pas pour les beaux yeux des chinois (!) que le marché leur a été assuré.
Déficit de transparence d'une transaction sulfureuse
A la SNIM , on ne veut rien savoir des «supputations » d'un journaliste, pourvu que le Premier ministre donne le coup d'envoi à la construction du gigantesque projet du nouveau port minéralier. On y voit probablement la matérialisation et le début d'exécution d'un gros marché comme la SNIM a l'habitude d'en sceller. De bout en bout, le montage de cette affaire laisse pourtant des traces indélébiles d'une adjudication préméditée. En effet, tout semble commencer le 22 Janvier 2010, date à laquelle le Président du conseil d'administration (PCA) de la SNIM , Mohamed Khaled Ould Sidiya, est limogé. Il est remplacé par Mohamed Chérif, admis à faire valoir ses droits à la retraite et proche parent de l'Administrateur directeur général de la SNIM. A la surprise générale, compte-tenu de la probité notoire de l'ex-PCA, aucune explication n'est donnée à cet événement qui l'emportait. Son tort, c'est d'avoir opposé une résistance à nouer ce marché.
Non respect des conditions du DAO
Beaucoup d'anomalies ont émaillé l'adjudication au profit de la société chinoise, détentrice du premier lot (génie civil). Au premier chef, l'irrespect de l'avale de garantie. Suite à une réunion tenue le 30 avril 2009, la SNIM avait pourtant signifié aux soumissionnaires éventuels, à l'issue de la visite des lieux, donc avant l'ouverture des offres, que l'Appel d'offres étant international il était exigé que la garantie de soumission soit émise par une banque de premier ordre. La SNIM a pourtant bien constaté qu'à l'ouverture des offres la garantie de SINOHYDRO ne remplissait pas cette exigence. Ce qui n'empêchera son offre technique d'être évaluée. Par la suite, il a été constaté que sur le plan de l'évaluation de l'expérience en matière de construction d'ouvrages similaires, l'entreprise SINOHYDRO soumissionnaire devait également prouver qu'elle avait construit au moins deux ouvrages similaires au cours des 15 dernières années pour une valeur supérieure ou égale à 40 millions d'euros chacun, comme stipulé dans le DAO (Sections 4 et 2 du volume I). Les exigences de ce cahier de charges seront royalement ignorées. De telles contraintes techniques étaient tout simplement insurmontables pour l'entreprise chinoise SINOHYDRO, non spécialisée et qui ne pouvait donc les satisfaire.
De plus, il est stipulé dans le même DAO, l'obligation pour tout soumissionnaire d'exécuter 70% de l'ouvrage sur ses propres moyens. Il est évident que SINOHYDRO ne disposant donc pas des équipements pour la solution variante demandée dans l'Appels d'Offres ne pouvait en toute logique satisfaire cette autre contrainte.
A ce stade des offres techniques, il parait clair que la sélection opérée s'est faite d'abord au détriment de l'intérêt national et ensuite au désavantage de la partie espagnole concurrente en repêchant la société chinoise pour passer le cap technique et pour par la suite lui attribuer le marché avec tous les risques imaginables. A la SNIM , on met au devant une différence des prix pourtant faible (5% environ) tout en faisant fi de la supériorité des offres espagnoles de base et leurs variantes, en plus de la qualité des services incomparables et du délai de livraison plus court de 5 mois que proposaient la société espagnole. Ce dernier aspect, seul, aurait dû convaincre en termes d'exploitation minière. Cinq mois de moins représentent, en effet, 5 millions de tonnes de fer eu égard aux objectifs de 12 millions de tonnes/an affichés par la SNIM elle-même. On se demande finalement si ce ne fut finalement pas un marché de dupes. De plus, l'offre des espagnols comprenait un dragage du site qui aurait permis l'accostage simultané de deux navires. Ce qui aurait permis d'éviter de pénaliser l'exploitation en cas de travaux de maintenance.
De source officieuse, on lie d'ailleurs le limogeage de l'ancien Président du conseil d'administration, Mohamed Khaled Ould Sidiya, justement au choix porté sur la société SINOHYDRO.
Ce qui pose la question de savoir quels seraient les bras assez longs qui se cacheraient derrière la société chinoise SINOHYDRO pour s'arroger dans de telles conditions ce marché? Et qui tirerait profit des commissions? Pour l'heure, tout ce que l'on sait c'est que le représentant de la société chinoise est notoirement connu dans les milieux du courtage pour avoir la priorité des faveurs des décideurs en charge des marchés de la SNIM. Il aurait eu, pour la circonstance et compte-tenu des changements opérés à la SNIM , l'intelligence de nouer de nouvelles alliances « agissantes » pour lui permettre d'arriver à ses objectifs au mépris des avis techniques qui n'étaient pas de toute façon les bienvenus et qui doivent demeurer étouffés.
Pour précipiter le fait accompli, la SNIM aurait déjà mobilisé l'intégralité de l'enveloppe du marché confié à SINOHYDRO pour la bagatelle somme de 26 milliards trois cents millions d'ouguiyas contrairement à la formule annoncée par le ministre de l'Energie et des mines qui parlait d'une prise en charge de l'ordre de 43% seulement.
Il est à préciser que l'ensemble des études relatives à ce projet sont confiées depuis 1999 à un bureau d'études français BCEOM qui a une grande responsabilité dans toutes les précédentes phases infructueuses du projet. Une vache à lait dont il ne pourrait se priver et cela est d'autant plus facile pour lui qu'il bénéficiait, à chaque fois, de la bénédiction du maître d'œuvre de l'ouvrage, en l'occurrence la SNIM elle-même.
Face à ce casse-tête chinois, les mauritaniens ne sont-ils pas en droit de se demander pourquoi la SNIM , qui se veut un modèle de bonne gouvernance et un réservoir de compétences, n'a pas daigné analyser les prix de deux soumissionnaires du même environnement, dont les structures des prix sont supposées être voisines. Pourtant, la différence sur la même option choisie qui est de 20 millions d'Euros à peu près est énorme entre les deux entreprises chinoises SNCTPC et SINOHYDRO, soit environ 30%. Il faut en tirer les conclusions qui s'imposent. Soit SINOHYDRO, retenue par la SNIM (après une ristourne insignifiante de 200.000 euros à la demande de la SNIM ) pour un marché de 72.7 millions d'euros, qui méconnait l'environnement mauritanien et qui n'a pas d'expérience particulière en matière de construction portuaire, a cassé les prix. Dans ce cas, cela ne peut se faire qu'au détriment de la qualité et de la valeur de l'ouvrage. Ce qui laisse supposer que ceux qui l'ont choisi veulent hypothéquer l'avenir de la SNIM par incompétence ou par complicité intéressée. Ils auront sur la conscience (s'ils en ont?) cette tare. D'ailleurs le fait que les entreprises chinoises n'aient jamais pu jusqu'ici intégré le marché de la SNIM n'est pas fortuit. Pour la simple raison que cette dernière a toujours eu au moins le souci d'être aux normes de qualités requises (Iso 9001, 9002…).
Soit enfin la SINOHYDRO a proposé le prix réel pour cet ouvrage, et dans cette autre alternative, la SNTPC , beaucoup plus expérimentée et techniquement plus outillées, qui a proposé pour la même option une offre de 20 millions d'euros plus cher, aurait tout simplement arnaqué l'État mauritanien sur le port de Nouakchott, construit avec 288 millions Usd et 2% d'intérêt pour le prêt consenti par l'État chinois. Selon toute vraisemblance, la SNTPC aurait beaucoup de difficultés à pouvoir honorer dans les délais impartis (36 mois) la construction de ce port.
De toute façon, il y a, quelque part, anguille sous roche étant donné que les prix des deux projets (Nouakchott et Nouadhibou) ont été établis à la même époque. Alors wait and www.quotidien-nouakchott.com