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Or: Kinross Gold fait grise mine !
En proie à une enquête judiciaire avec ses actionnaires pour déclaration dolosive, la société aurifère canadienne, présente en Mauritanie, à travers Tasiazt, a annoncé, mardi dernier, un bénéfice net de 105.7 millions Usd, en net régression par rapport à l’année dernière où il se chiffrait à plus de 250 millions Usd. La baisse de productivité y serait pour quelque chose !
Les nouvelles en provenance des bourses notamment celle de Toronto où la société aurifère Kinross Gold est cotée ne seraient pas rassurantes ni pour les investisseurs encore moins pour d’éventuels repreneurs de certaines filiales comme la mine de Tasiazt pour laquelle Kinross chercherait déjà un autre acquereur. La bourse de Toronto prise dans la tourmente des mauvais résultats des entreprises canadiennes (or et pétrole), ploie sous une succession de déconvenues qui n’ont épargné ni le prix de l’or, ni celui du pétrole.
Le compte à rebours s’est déclenché mardi avec la chute de l’or de 2.45% contre 2% pour les actions dans le secteur pétrolier. Le résultat n’aurait pas tardé à se faire sentir sur la bourse canadienne qui, du coût, a elle-même, enregistré une chute de 1.6%. Une autre conséquence de ces mauvais résultats se traduira par la chute de l’action Kinross Gold de près de 5% avec une chute de l’once d’or se monnayant désormais à 1 599,40 Usd.
Faible marge de manœuvre
« La production de la société minière a représenté 604 247 onces d'équivalent or au premier trimestre, contre 642 857 onces d'équivalent or un an plus tôt » assure-ton sur les analystes sur la place boursière. Un état de fait que Kinross s’est défendu de vouloir camoufler cette fois, reconnaissant sa déconvenue actuelle. La société reste d’ailleurs passible d’un procès pour abus de confiance et dissimilation de chiffres que lui intentent ses actionnaires pour sa filiale de Tasiazt. Une affaire qui continue de faire tâche d’huile depuis que la Cour Suprême de Toronto a convoqué le directoire exécutif de l’entreprise pour s’expliquer sur les réclamations de ses actionnaires dont certains lui reprocheraient de leur avoir fourni de fausses informations sur la situation de l’entreprise (QDN N°935 du 09 avril 2012). Taziast-Mauritanie, filiale de Kinross Corporation, acquise en 2010 auprès de Red Back Mining, est assignée depuis le 12 mars 2012 devant la cour suprême de l'Ontario pour préjudices et dommages certains liés aux déclarations « fallacieuses » faites par l’organe exécutif de Tasiazt Mauritanie. Des avocats associés ont été commis par les actionnaires se sentant lésés et une audience en justice est donc prévue pour statuer sur cette affaire troublante dans la gestion de Tasiazt Mauritanie. Une gestion critiquable notamment sur le plan social avec l’iniquité de l’accès aux opportunités d’emplois. Mais c’est là un autre registre sur lequel il y a bien des choses à dire.
Mais cette fois, Kinross Gold annoncé, elle-même, avoir enregistré au premier trimestre « un bénéfice net de 105,7 millions $ US, en baisse par rapport à celui de 250,1 millions $ US de la même période il y a un an, sa production ayant diminué». Elle précise également -ses résultats étant comptabilisés en dollars américains- que son « bénéfice net par action avait été de neuf cents au cours de son plus récent trimestre, en recul par rapport à celui de 22 cents de la même période en 2011» et ce en dépit de ses ventes de l'ordre de 1,04 milliard Usd, contre 937 millions Usd. Néanmoins, le bénéfice net par action de Kinross serait de 18 cents, en hausse par rapport à celui de 15 cents d'il y a un an et qui est à l’origine de l’ire de ses actionnaires. Mais, assurent les analystes financiers, « les actions de Kinross Gold ont terminé la séance de mardi à 7,75 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 51 cents, soit un peu plus de six pour cent, par rapport à leur précédent cours de clôture ». De mal en pis ?!
JD
lequotidien de nouakchott |
Kinross plonge encore…
Au moment où nous mettons sous presse, le géant de l’Or canadien, Kinross, présent, en Mauritanie, à travers Kinross-Tasiast, plongeait de 5,8% sur la bourse torontoise. Cette fébrilité intervient un jour avant la tenue de la Réunion Annuelle des Actionnaires de Kinross, prévue, aujourd’hui, mercredi 09 mai 2012, à Toronto. Rappelons qu’il s’agit de la première réunion annuelle des actionnaires après l’effondrement en bourse des actions de Kinross, en hiver dernier, d’environ 20%. Cette nouvelle contreperformance, si elle devait se stabiliser, serait liée à la mauvaise appréciation que se font certains actionnaires sur l’opportunité même d’acquisition de la mine de Tasiast auprès de Red Back Mining, pour un montant, jugé excessif, de 7,1 milliards de dollars.
Le bureau régional de Kinross, à Las-Palmas, retient son souffle, pendant que les actionnaires délibèrent sur le sort de la mine aurifère Kinross-Tasiast. Une chute de 5,8% des actions de la société, à une journée de la tenue de la réunion annuelle des actionnaires, ne saurait inspirer une bonne humeur chez le directoire régional. En Mauritanie, la situation n’est certes pas des plus meilleures. Les tractations avec les autorités fiscales mauritaniennes, autour de la présentation du bilan de Kinross-Tasiast, afin de pouvoir définir le montant échu, à raison de 1,25%, n’ont pas encore abouti. Kinross-Tasiast se livre à l’esquive et aux atermoiements. Jusqu’à quand ? En tout cas, la journée d’aujourd’hui est décisive, non seulement, sur la vie de la société aurifère, mais aussi sur l’avenir de l’actuelle direction au sein du groupe. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
rmibiladi.com |
Kinross-Tasiast:“ L’or est de silence.’’
Kinross-Tasiast se fait, de plus en plus, parler d’elle. Source à la fois de fantasme chez les opérateurs économiques, les diplômés chômeurs mauritaniens, elle demeure un mystère impénétrable. L’or, le précieux, s’y extrait, en silence. Loin des regards indiscrets des Mauritaniens, qui n’arrivent à entrevoir de ce monde de la valeur sûre que des incertitudes. Des questions sans réponses.
Peut-être. Retour sur une mine présentée, dans un passé récent, comme l’une des plus importants gisements aurifères d’Afrique, voire du monde. Retour, surtout, sur une connexion de sociétés internationales, établies, en Mauritanie. Retour sur le mode opératoire, même, de Kinross-Tasiast :
Le directoire de Kinross-Tasiast est en conclave, depuis deux jours, aux Iles Canaries, Las-Palmas, où se trouve le siège du bureau régional du géant de l’or torontois. D’où se gèrent les mines aurifères du Ghana et celle de la Mauritanie, Kinross Tasiast. Cette dernière semblerait être au centre des discussions. L’ordre du jour porterait sur un certain nombre de points. Cette rencontre intervient dans une période cruciale de la vie la société aurifère, qui, rappelons-le, a connu, en janvier dernier une chute d’environ 20% de ses actions en bourse. Une contre performance dont les conséquences seront étalées au grand jour, dans la foulée de cette sortie canarienne.
On évoque déjà, pour annoncer la couleur, désormais, jaunasse, l’exigence des bailleurs de fonds d’alléger sensiblement les dépenses, en vue de rabaisser les coûts, surestimés, de production. Ce serait, l’occasion, peut-être, pour se prononcer sur le paiement de l’IMF, aux alentours de 1,25%, réclamé par la direction générale des impôts de Nouakchott. Le bureau régional s’emploierait nécessairement à concevoir un nouveau manuel de procédure en vue de mettre de l’ordre au sein d’une entreprise, dont les employés ne cessent de se plaindre de l’absence de procédures.
Kinross a mis la main sur la mine de Tasiast en 2010, auprès d’une autre société minière canadienne, Red Back Mining, pour un montant de 7,1 milliards de dollars. La chute des actions de Kinross, à la bourse de Toronto, au milieu du mois de janvier dernier, a amené la société à annoncer ‘’un report de quelques mois de la construction de sa mine Tasiast en Afrique et s’est dite s’attendre à une dépréciation liée à ce projet.’’ ‘’ ‘’Il lui faudrait une période d’analyse et de planification de six à neuf mois de plus afin de déterminer de quelle façon optimiser les charges d’exploitation du projet Tasiast tout en les réduisant, rapporte le journal canadien, La Presse.’’
Or, il se trouve qu’à cette date, Kinross était déjà bien partie dans son projet d’expansion de la mine de Tasiast. Pourtant, le projet d’expansion a été, au préalable, l’objet d’une étude de faisabilité qui a été, à deux reprises, jugée irréalisable, à la suite de deux contre-expertises, distinctes diligentées, par deux boites expertes. Néanmoins, le directeur exécutif du projet, à l’époque, Ken Thomas, tenait, visiblement, à engager la société dans ce qui s’avérera plus tard une aventure à la fois coûteuse et irréfléchie. Il sera, donc, limogé. Mais alors, Kinross était déjà lié, par des contrats de sous-traitance, dans le cadre des travaux d’expansion de son projet, avec une pléiade de sociétés étrangères.
Si le démarrage effectif des travaux de ce méga projet d’expansion, qui commandait la mise en place de deux usines en plus d’un ensemble d’infrastructures, n’est plus d’actualité, pas dans l’immédiat, en tout cas, Kinross n’est pas prête, pour autant, de se libérer des sociétés étrangères déjà installées sur le territoire mauritanien, venues, alors en perspectives d’une expansion remise, pour l’instant, aux calendes grecques.
Des sous-traitants en maltraitance…
Parmi les sociétés établies en Mauritanie et qui bénéficient, à tort, du même statut que Kinross-Tasiast parce que considérées, fallacieusement, ou par ignorance des autorités fiscales mauritaniennes, des démembrements de celle-ci, il y a d’abord Hatch ; un bureau d’étude canadien dont la mission est l’étude et le suivi de l’expansion du projet.
Il y a une foule de sociétés étrangères liées avec Kinross-Tasiast par des contrats d’exécution, dans le cadre de l’expansion du projet. La plus importante est Consolidated Contractors Company, CCC, une compagnie de construction, arabe, propriété d’un palestinien du Liban, basée en Grèce. Elle est en charge de l’exécution du Génie Civil du projet. Construire l’usine relative à l’expansion du projet, pour un montant d’un milliard de dollars.
La construction de l’usine étant mise en veilleuse, CCC s’est vue attribuée, gracieusement, de quoi mettre sous les dents, en attendant des jours meilleurs, les prestations qui devaient revenir à des sociétés mauritaniennes. Elle prend en charge désormais la construction de l’aéroport de Tasiast, la route en asphalte reliant le site à la route de Nouakchott-Nouadhibou, ainsi que les travaux y afférente, en plus de la construction d’un pipeline pour l’alimentation d’eau douce à partir de Nouadhibou. Pour ce faire, elle emploie 110 expatriés dont on ne saurait compter un seul cadre mauritanien. ‘’Aux mauritaniens, on réserve uniquement la main d’œuvre, employant, à peu près 300 ouvriers, dont les 5/6 sont issus, quasiment du même ensemble tribal, souligne un ouvrier.’’ ‘’ Allez-y demander à la direction des ressources humaines de Kinross qui a un droit de regard, sur tout, elle saura répondre, lance un jeune manœuvre.’’
Ensuite, il y a DORCE, une société Turque, basée à Ankara, en charge de la construction du préfabriqué du camp, environs 7000 chambres, pour un montant de cent millions de dollars. Elle emploie 500 expatriés, 600 employés locaux, dont 80% s’occupant des petits métiers.
Puis, arrive le tour de FriedLander, une société française, spécialisée en tuyauterie, dont la mission se limite à la construction d’un pipeline à partir de la mer, alimentant l’usine, en eau pour nettoyer l’or extrait. Elle emploie 50 expatriés, en plus d’un effectif de manœuvres dont 70% sont originaires de l’Afrique noire.
La quatrième société parmi les plus importantes. C.I.S, une société de catering, opérant, en Mauritanie, sous le nom de C.N.A, chargée de la restauration, pour onze millions de dollars. C.I.S, ou C.N.A, fait travailler 30 expatriés, en plus de 400 mauritaniens, sans contrats, travaillant 12 heures par jour, pour toucher à la fin du mois le modique traitement de 70 mille ouguiyas, ne bénéficiant, au passage, pas du paiement des heures supplémentaires, rappelle un ouvrier.’’ Il y a bien sûr d’autres sociétés étrangères, moins visibles, opérantes, en catimini, ou presque, méconnues du fisc mauritanien, apparaissant bel et bien sur le tableau de bord au sein des clients de Kinross-Tasiast.
‘’La mauritanisation des emplois ne concerne visiblement pas ces sociétés prestataires, ironise un ouvrier.’’ Ici, on ruse avec le fisc, avec la direction du travail avec l’inspection du travail, on travaille au noir au presque, conclut un chef d’équipe d’ouvriers.’’
‘’ La tricherie est bien installée, ici, révèle, un civiliste mauritanien. Les salaires des expatriés, par exemple, au niveau de toutes ces sociétés prestataires, sont minorés auprès du fisc mauritanien.’’ Quant aux salaires des expatriés travaillant à Kinross-Tasiast, ce qu’on appelle, ici, Opération, ils sont tout simplement gérés, à, partir du bureau régional, à Las- Palmas, s’indigne un autre ingénieur mauritanien.’’ Kinross- Tasiast est tout simplement une grosse arnaque.’’ ‘’ Les pouvoirs publics, quel que soit le niveau d’engagement à vouloir imposer, sincèrement, une transparence au sein de ‘’cette officine d’intérêt’’, surenchérit un technicien, n’y arriveront, jamais.’’
Officine intérêt connexion…
A Kinross-Tasiast on ramène tous les maux dont souffrent les employés et qui rendent le climat de travail délétère, dégageant de forts relents de roussi à l’équipe des Opérations. ‘’ Cancer Team !’’ Comme on le nomme ici. ‘’L’équipe dont le mode opératoire gangrène à la mort Kinross-Tasiast, souligne un connaisseur des lieux.’’
‘’Une équipe qui visiblement est connue pour avoir un passé peu orthodoxe au sein du groupe Kinross, indique un expatrié.’’ ‘’ La même équipe qui a mis en banqueroute le projet de mine Kinross au Madagascar, avec deux années de retard.’’ ‘’ Les rôles au sein de cette équipe cancérigène sont bien répartis, souligne-t-on.’’
‘’En commençant par le Vice-Président régional, Patrick Hikky. Lui, c’est la manipulation, le lobbying politique, en passant par Guy de Grand-Près, le directeur régional des ressources humaines, spécialisé dans les pots-de-vin et bakchichs, corruption dans le domaine du travail, affirme, sans hésitation, un expatrié européen.’’
‘’ Il faut dire que ce groupe de choc, s’est appuyé, pour imposer son diktat à Tasiast sur une expertise locale, nommée, récemment, directeur des ressources humaines. Un spécialiste du droit de travail. Il s’y connait vraiment, dans les lois régissant le travail en Mauritanie. Et, focalise son action, au sein de Tasiast sur les parades et stratégies imparables qui réduisent et anéantissent toute revendication, dans ce domaine, indique un cadre mauritanien.’’ ‘’ Les autres priorités d’une direction dignes des ressources humaines, notamment, la formation sont remises, forcément, on l’imagine bien, note un ingénieur BTP mauritanien, dans pareilles conditions, à la Saint-Glinglin.’’
‘’ Cancer Team espère compter sur une alliée de taille en son sein. Patricia Mello, une colombienne, qui gère le centre de recrutement, au sein de Kinross-Tasiast, indique une autre source locale.’’ Elle s’essaie, c’est vrai, mais, en apparence, de faire jouer la transparence, en rendant public les annonces de recrutement. Mais, Patricia a, finalement, ses petites préférences mauritaniennes, lance d’une manière sarcastique un mauritanien.’’
‘’ La gangrène s’étend sur toutes les articulations de Kinross- Tasiast, tous les centres d’intérêts.’’ Même les relations avec les Communautés autochtones de la zone de Tasiast ne sont pas oubliées par l’équipe de choc, confie un originaire de ces contrées.’’ Fabiana, Responsable de la Relation communautaire, forte d’une relation particulière avec le Vice-président Directeur Régional, elle fait la pluie, pas trop quand même, et le beau temps, encore mois, s’indigne un autre autochtone.’’
‘’On peut bien se demander comment une expatriée puisse entretenir une relation de confiance, fiable, avec des communautés dont elle ne saurait piger grand-chose, ni de leur culture, ni de leur histoire, encore moins de leur soucis les plus quotidiens ? ‘’ Tout simplement ridicule et absurde, sermonne un activiste d’une ONG locale.’’
La lutte contre la corruption, serait-elle passée par là ?...
Le président de la République ne cesse de crier, entre monts et vals, son engagement inébranlable pour la lutte contre la gabegie. On ne sait pas vraiment, lui, qui a une passion avérée, dans la mise à nu des combines dans la sphère des affaires, s’il a une connaissance réelle de l’univers quelque peu obscur de Kinross-Tasiast ? Ce qui est sûr, est qu’il a accordé une audience au premier responsable de Kinross. Mohamed Ould Abdel Aziz aurait clairement dit à cet interlocuteur torontois qu’il est inconcevable pour le premier citoyen d’un pays, quel que soit, par ailleurs, le degré de son antinationalisme, de se contenter des ‘’misérables’’ royalties, telles celles accordées par le géant de l’or canadien à la Mauritanie, aux alentours de 3%. Mais, le président de la République aurait, tout au moins, exprimé, au cours de cette rencontre, à son hôte canadien, qu’il est, par principe, contre toute forme de nationalisation. On ne sait pas plus.
Mais, on sait une chose, par la suite. Quelques temps après cette rencontre, des proches ‘’cousins’’ de l’actuel président ont débarqué, dans des postes relativement importants, au sein de la société minière. On espérait, peut-être, que ces hommes du ‘’Président’’ sauraient servir de garde-fou, et informer l’Etat sur le mode de gestion de la société canadienne.
Certains connaisseurs du monde Kinross-Tasiast pensent que le verrouillage et le mode opératoire sont si hermétiques, si bien négociés, qu’ils échappent à toute personne qui n’y serait pas, effectivement, impliquée ou associée.
Une chroniqueuse de notre journal avait titré, il y a quelques mois, l’une de ses rubriques hebdomadaires, par un titre qui semble bien révélateur. Kinross-Tasiast : L’or est de silence. En modifiant l’aphorisme établi, ‘’le silence est d’or’’. On le reprend. En effet, cet aphorisme relooké.
Abdelvetah Ould Mohamed
abdelvetah@gmail.com |
Exploitation pétrolière dans le bassin de Taoudéni : L’impact environnemental passé au crible
Les experts ont planché dimanche à Zouérate sur l’évaluation de l’impact des activités de la Société Total sur l’environnement en Mauritanie.
L’atelier est organisé au profit de représentants des secteurs des mines et de l’environnement et de la société civile.
Il a été consacrée à l’examen de l’impact des opérations d’exploration et de recherche sur la santé des personnes, la faune et la flore ainsi qu’un ensemble de mesures préventives entreprises par la société afin de préserver l’environnement au niveau de ses zones d’intervention dans les wilayas du Tiris Zemmour et de l'Adrar.
A en croire le wali du Tiris Zemmour, les pouvoirs publics accordent une importance particulière à la protection de l’environnement. Il a précisé que l’obtention de permis d’exploitation ou d’exploration obéit à des conditions environnementales fermes.
Il a ajouté que la présence du PDG de Total atteste du souci du gouvernement à exiger des sociétés leur engagement à préserver l’environnement.
Il a invité les participants a étudier minutieusement les thèmes au menu de l’atelier afin de sortir avec de bon résultats précisant que les recommandations sanctionnant leur travaux seront prises en considération par les autorité compétentes.
Le représentant du ministère du pétrole et des mines a, pour sa part, souligné l’importance des activités minières et leurs retombées positives sur le développement du pays précisant que ceci n’exclut pas la nécessité de mettre en place des normes scientifiques et opérationnelles pour éviter l’impact des activités minières sur l’environnement.
Le représentant du département de l’environnement a rappelé que les services compétents de son département ont déjà effectué une évaluation de l’impact environnemental des activités de cette société et le degré de la compatibilité de son action avec la législation mauritanienne.
Le PDG de Total M.Michel Lio a, quant à lui, souligné l’importance des thèmes à l’ordre du jour de l’atelier pour sa société précisant que la rencontre permettra à Total de présenter la nature des ses activités, les technologies utilisées ainsi que son rôle dans la préservation de l’environnement et le développement durable.
Dangers encourus
Il convient de rappeler que la protection de l’environnement et les droits de l’homme représentent des enjeux fondamentaux au cours des opérations pétrolières. Par exemple, pendant l’extraction, les hydrocarbures sont brûlés et décantés pour produire de l’énergie. Cela se remarque visiblement dans les puits de pétrole d’où jaillit un géant feu entretenu nuit et jour par une géante cheminée visible à des kilomètres à la ronde. Au cours de cette opération, des milliers de polluants et autres gaz nocifs sont rejetés dans l’atmosphère et s’incrustent dans la stratosphère. Il s’agit notamment du dioxyde de souffre, du monoxyde de carbone et d’azote, du souffre, du fluor, du plomb, etc. Ces éléments causent un grand tort à l’atmosphère par le fait qu’ils réduisent la couche d’ozone qui protège la terre contre les rayons ultraviolets du soleil et contribuent au phénomène planétaire du réchauffement climatique avec le gaz à effet de serre.
Les composés aromatiques organiques les plus connus dans le pétrole sont le benzène et ses dérivées : le toluène et le xylène. Ces composés sont extrêmement dangereux. Une exposition prolongée au benzène peut causer des troubles de la peau du système nerveux et de la moelle osseuse (avec des risques d’apparition d’anémies ou d’autres
désordres comme la leucémie). Le benzène peut également traverser le placenta et y affecter le développement du fœtus.
Les métaux lourds représentent un autre danger pour la santé mais ne sont pas toujours pris en compte lors des études d’impact. Les métaux lourds présents dans le pétrole brut sont : le Cadmium : rapidement absorbé par les plantes, ce métal présente un risque réel pour la santé humaine et animale. Ses effets peuvent aller depuis l’apparition de nausées, indigestions et douleurs abdominales jusqu’à un empoisonnement aigu. Les effets d’une exposition prolongée provoquent des troubles chroniques aux reins et
aux poumons. Dans les régions fortement exposées au cadmium, la population peut souffrir d’une élimination anormale des protéines et des sucres dans l’urine, d’un mauvais fonctionnement des reins et d’hypertension.
Il y a aussi l’arsenic : il induit des changements dans le système des enzymes cellulaires ainsi que des perturbations de la production d’énergie. Une exposition aiguée peut provoquer de la fièvre, l’anorexie et de l’arythmie. Une exposition de longue durée peut causer des lésions du foie et de la peau.
Le plomb lui, est toxique pour la majorité des espèces vivantes étant donné son effet sur le système nerveux central.
De fortes teneurs en plomb produisent des troubles de motricité et de concentration chez les enfants et peuvent endommager partiellement le système nerveux central. L’exposition au plomb peut aussi causer des troubles des systèmes digestifs et reproducteurs, les effets cancérigènes.
Quant au mercure, il pénètre facilement dans la chaîne alimentaire, provoque divers troubles du système nerveux humain dont la dégénération et la mort des neurones. D’autres symptômes incluent des tremblements et des pertes de contrôle des extrémités. De hautes concentrations de mercure peuvent entraîner la perte de la vue, de l’ouïe, la paralysie et le coma.
D’autres métaux liés à l’activité pétrolière sont l’antimoine, le baryum, le cobalt, le cuivre, le manganèse, le molybdène, le sélénium, l’argent, le thallium, le titane, l’étain et le vanadium qui, tous, peuvent avoir un impact sérieux sur la santé humaine.
Les effets, sur l’environnement, de la pollution chimique par des métaux lourds sont les suivants : Les populations sensibles peuvent disparaître et être remplacées par des espèces tolérantes .Les relations interspécifiques peuvent changer. Il peut y avoir altération des cycles vitaux de la nutrition. Ces changements peuvent avoir des effets à long terme sur la composition et le fonctionnement des écosystèmes. Les métaux lourds ont la capacité d’être « bio accumulés » dans les êtres vivants et entrer dans les chaînes trophiques.
Dans les zones d’exploitation pétrolière, deux principaux types de maladies coexistent : ceux produits par la pollution chimique et ceux provoqués par la contamination organique. Les maladies telles que l’asthme, la leucémie, le cancer, les troubles de la vue et de la peau sont liées à la présence de pollution chimique dans l’air ou dans l’eau.
Bakari Guèye
Nouakchott info |
Deux groupes miniers s'affrontent pour le fer de la Mauritanie
Par Karl de Meyer
Les réserves de fer de la Mauritanie font l'objet d'un violent bras de fer entre deux groupes miniers. Un bras de fer qui pourrait être arbitré par un tribunal français. Le conflit oppose le groupe britannique Rubis International (sans lien avec le groupe français Rubis) appartenant à la famille Abeidna, au groupe indonésien Bumi, un spécialiste du charbon coté sur les Bourses de Londres et de Djakarta, et qui a récemment ouvert son capital au financier Nathaniel Rothschild.
Les deux sociétés s'étaient associées en 2007 pour explorer et exploiter des minerais en Mauritanie, à travers une société commune de droit français, détenue à 40 % par Rubis et à 60 % pour Bumi. Un gigantesque gisement de fer a été découvert dans la région de Tamagot, en Mauritanie, sur un périmètre de 990 km 2. En janvier dernier, le groupe indonésien annonce que ce gisement permettra d'exploiter 600.000 tonnes de fer par an, avec un démarrage de la production dès le printemps 2012, et qu'il représente un potentiel de 100 millions de tonnes.
Mais Rubis estime qu'il a été courtcircuité par son partenaire. Le groupe a envoyé hier un communiqué dans lequel il accuse Bumi de détournement d'actif. Rubis le soupçonne d'avoir obtenu un permis d'exploitation par un véhicule appartenant exclusivement à Bumi, le privant ainsi de ses droits, et d'avoir fait des déclarations publiques aux marchés « sans concertation, ni information préalable ». Le tribunal de commerce de Paris a désigné un mandataire pour régler le différend, après avoir été saisi par Rubis. « Compte tenu de la gravité des faits et du manque total et répété de loyauté du groupe Bumi envers lui, Rubis a décidé de mettre en oeuvre les stipulations du contrat de partenariat prévoyant le retrait obligatoire du partenaire déloyal ou défaillant », indique-t-il.
http://recherche.lesechos.fr/?exec=1&texte=mauritanie&ok=&base=on
lesechos.fr |
Dans les filets de Hondong International en Mauritanie
Ce sera le plus grand complexe de pêche pélagique en Mauritanie. Le projet Hondong International Mauritanie défie les statistiques. Un financement de 100 millions de dollars américains (montant élastique pouvant être ramené à 80 millions), 2 500 emplois à terre mais aussi à bord de 46 bateaux de pêche pélagique et 100 embarcations de pêche artisanale.
Le complexe est doté d’une unité de stockage de capacités de 6000 tonnes, d'une usine de fabrication de la glace de 100 tonnes par jours, des centres de traitement de poisson, de transformation des produits et de réparation des bateaux. En raison de son importance, du contexte politique mauritanien, du contexte de la surpêche dans les eaux territoriales, ce mégaprojet a provoqué des levées de boucliers au Parlement et dans la rue. Après la députée Kadiata Malick Diallo qui souleva le débat à l’assemblée, invitant les autorités à dévoiler toutes les clauses et les avenants de l’accord, ce fut au tour des jeunes du 25 février de demander en juillet 2011 en marge d’une manifestation à Nouadhibou sa suspension.
En fait, l’accord inquiète en cela qu’il ressemble à une concession liant la Mauritanie à l’entreprise chinoise pendant 25 ans avec des avantages fiscaux et fonciers (60 000 mètres carrés mis à disposition) et la garantie de la stabilité de l’environnement juridique. Certains économistes rappellent que la construction d’une usine de farine de poisson, partie intégrante du projet, procède plus d’une sous –valorisation, plusieurs tonnes de poissons étant nécessaire pour créer une tonne de farine de poisson.
De nombreux pays imposent un traitement fiscal particulier aux entreprises de transformation de farine de poisson pour les pousser à s’orienter vers la production des conserves, «reine » de la filière. L’autre inquiétude soulevée par le dossier, ce sont les antécédents, faibles, de Hondong International dans le domaine de la pêche. Son affiliation à Poly Technologies et à China Group, actif dans le secteur de l’armement et des missiles, est aussi source de crispation. Autre fait notable, la nature même du contrat, qui offre aux chinois toute latitude dans le choix de leurs fournisseurs et la garantie d’évoluer dans un quasi-îlot juridique à l’abri de tout regard éventuel d’un juge inquisiteur. En fait, Hondong évoluera en mode offshore.
mauritanies1.com |
Total : nouveaux permis d'exploration dans un Sahel prometteur ... agité par Aqmi et touaregs.
Simple hasard ? alors que la région du Sahel est soumise à des troubles de plus en plus violents, l'actualité nous rappelle que la région est riche en pétrole. Le géant pétrolier français Total vient en effet d'annoncer avoir signé deux permis d'exploration avec les autorités mauritaniennes dans le très prometteur bassin de Taoudéni.
Le groupe a ainsi acquis, en tant qu'opérateur, une participation de 90% dans les blocs C 9 en mer très profonde et Ta 29 à terre dans le bassin de Taoudéni. La compagnie nationale mauritanienne SMH détiendra les 10% restants.
Le bloc C 9, situé à environ 140 kilomètres à l'ouest des côtes mauritaniennes, s'étend sur plus de 10.000 km (!...), par des profondeurs d'eau comprises entre 2.500 et 3.000 mètres. Le bloc Ta 29 est situé dans le désert du Sahara à 1.000 kilomètres à l'est de Nouakchott, au nord du bloc Ta 7 sur lequel Total mène déjà des activités d'exploration.
En février 2011, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. L'essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possibles, au Mali et au Niger.
Les récentes découvertes de richesses minières, dans le bassin de Taoudéni, large de 1,5 million de kilomètres carrés, partagé entre le Mali, l'Algérie, la Mauritanie et le Niger, provoquent en effet désormais un vif intérêt pour cette région.
Jean François Arrighi de Casanova, directeur Afrique du Nord de Total a ainsi fait état d'immenses découvertes gazières dans le secteur, freinant la progression du puits vers la zone pétrolière, en Mauritanie et le conduisant même à parler « d'un nouvel Eldorado».
A travers sa filiale internationale Sipex, Sonatrach a par ailleurs obtenu l'approbation du ministère des Mines nigérien pour procéder à des forages expérimentaux. Pour rappel, la Sipex est présente au Niger depuis 2005, plus précisément au périmètre de Kafra, situé à la frontière algéro-nigérienne.
Fin 2009, Sipex a obtenu une prolongation d'un an de la première période d'exploration, arguant d'une situation politique difficile dans le pays. Au Mali, la filiale de Sonatrach présente depuis 2007, a acquis une prolongation de deux ans, émanant du ministère malien des Mines, pour la première phase d'exploration qui prendra fin en 2013.
Simple coïncidence ?
À trois mois de l'élection présidentielle au Mali, le gouvernement, déjà confronté aux enlèvements d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et à la menace d'une crise alimentaire, doit désormais faire face à une nouvelle rébellion touareg.
Ainsi, l'armée malienne a repris dans la nuit de jeudi à vendredi le contrôle des trois villes du nord-est du Mali attaquées mardi et mercredi par des rebelles. "L'armée malienne a repris le contrôle des villes de Ménaka, de Tessalit et d'Aguelhok. Des renforts sont venus sur place", a déclaré une source militaire régionale.
Dans ces deux dernières villes, les combats ont fait 47 morts - 45 rebelles et deux soldats - selon le ministère malien de la Défense. Les rebelles touareg auraient été vus se dirigeant vers le nord-ouest du Mali. Ces attaques sont les premières de ce type depuis un accord ayant mis fin à la rébellion mais également depuis le retour de Libye de centaines d'hommes armés ayant combattu aux côtés des forces du leader libyen Mouammar Kadhafi. Plus globalement, l'instabilité provoquée par les activités d'Aqmi dans le nord du Mali, lieu d'implantations de plusieurs de ses bases, a été renforcée par le retour sur le territoire libyen de plusieurs centaines de ces rebelles.
Par Elisabeth Studer
Source :
Le Blog Finance (France) via cridem.org
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